‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 162 sur 228 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

cette forteresse i Bérenger se dirige vers Milan où rappellent l'archevêque Ardéric et les plus puissans seigneurs de la Lombardie qui l'accueillent comme un libérateur , et à qui il prodigue les plus flatteuses promesses (1).

Le roi de Lombardie voit, mais trop tard, que tout lui échappe ; il sent de toutes parts crouler l'édifice de sa puissance ; il comprend alors tout le néant d'une grandeur qui ne repose ni sur ses droits, ni sur l'affection des peuples, d'une grandeur que la force et l'astuce ont créée, que la violence et la trahison ont si peu de peine à détruire.

Une diète s'assemble à Milan en présence de Bérenger, pour prononcer la déchéance de Hugues et pourvoir ensuite à la vacance du trône. Hugues retourne brusquement à Pavie ; mais voyant que sa mauvaise fortune a glacé pour lui tous les coeurs, il cède à l'orage; toujours souple, cauteleux, il prend le parti d'envoyer à la diète de Milan , son fils Lothaire , associé par lui à la royauté, jeune prince doux, aimable, bon, que ni le peuple, ni les grands ne rendaient responsable des fautes et des crimes du père. Il fait représenter aux membres de la diète que si

(1 ) Nous venons de voir qu'il avait promis à Manassès l'archevêché a" Ardéric.

la royauté de Hugues leur est devenue intolérable , il leur convient de reconnaître et de continuer celle de son fils qui ne leur a fait aucun mal ', et dont ils pourront diriger eux-mêmes l'éducation comme roi. Le spectacle de l'abaissement du bon Lothaire touche les seigneurs qui , sans que Bérenger cherche à y mettre obstacle , le proclament leur roi d'une voix unanime (1). Hugues , profitant du moment où on le croit abattu par l'adversité , amasse ses trésors , les dirige vers les Alpes et suit son riche convoi ; mais arrivé au pied des monts élevés qu'il va franchir, il reçoit l'avis que les Lombards , mécontens d'avoir changé de maître , et se méfiant de Bérenger à qui ils ont confié la tutelle de Lothaire , songent à lui rendre la couronne. Hugues, qui connaît la versatilité de l'esprit lombard, croit à cet avis si flatteur pour son orgueil ; il revient sur ses pas (2) avec tout son bagage ,

(1) LlUTHPRAND. — MURATORI. — GlULINI. — VERRY.

Il est, dans ce récit et dans ce qui va suivre, quelques circonstances qui nous semblent un peu étranges et à peine croyables. Il ne nous paraît pas nécessaire de les préciser ici. Nous les reproduisons telles qu'elles nous sont racontées par les historiens les plus accrédités, les moins sujets à caution et les meilleurs sinon les seuls à consulter sur l'histoire de cette époque reculée. Nous avons expliqué ces faits le mieux qu'il nous a été possible.

(2) LlUTHPRAND. — MURATORI. — GlULINI, etc.

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