‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 166 sur 228 · LIVRE 111. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE III

du marquis d'Yvrée par un homme aussi connu de l'impératrice que Liuthprand, reçurent bon accueil à la cour de Constantinople (1).

Tandis qu'on rassurait la princesse Eudoxie sur le sort de son frère, le jeune et malheureux prince approchait du moment où Bérenger allait lui payer sa dette de reconnaissance.

Ses amis dévoués et la vertueuse Adélaïde s'aperçurent bientôt avec effroi d'une grave altération dans la santé de Lothaire. Un mal intérieur, inconnu, rongea sourdement cette jeune existence de roi ; enfin , trois ans , sept mois et deux jours après la mort de Hugues , et dans la vingtième année d'un règne éphémère, Lothaire rendit le dernier soupir (2).

Frodoard , Liuthprand et les autres écrivains qui ont traité ce triste point de l'histoire , ne doutent pas que l'époux d'Adélaïde ne soit mort empoisonné , et imputent ce crime au marquis d'Yvrée. Tous les hommes dont la clairvoyance parut suspecte et capable de soulever le voile de ce sombre mystère , furent écartés , privés de leurs emplois, et bientôt même persécutés par Bérenger.

Liuthprand , en sa qualité d'ancien page du

(1) Hist. de L'EgL, par B.-B., T. v, p. 90, note lfl. (% Année 949.

père de la victime, ne pouvait être mis en oubli dans cette proscription commune des hommes qui faisaient ombrage au tyran. Il fut dépossédé de son évêché de Crémone, et pour se soustraire à de plus grandes disgrâces, il se réfugia à la cour d'Othon qui, dans la suite et après la déchéance du meurtrier de Lothaire , le rétablit dans son siège épiscopal.

La dépouille mortelle du malheureux fils de Hugues fut transportée à Milan pour y être inhumée.

Un fait rapporté à cette occasion par Giulini, Verry et d'autres historiens (1), démontre à quel point de stupidité l'ignorance était tombée en Italie vers le milieu du xe siècle.

Ces écrivains racontent que Milan , se trouvant dépourvu de marbre pour la tombe du royal défunt , on brisa une grande table où était gravée la disposition testamentaire par laquelle Pline ( Caïus ) dotait la ville de Milan pour l'entretien perpétuel d'un bain, d'une bibliothèque, d'un collège de garçons et de jeunes filles. Ce marbre, divisé en plusieurs compartimens , servit à former le tombeau ; on eut soin seulement

(1) Tristjani , Calchi. Irist., part. lib. 1, p. 18. — Al- :iatj, lib. n, p. 125. — Giulini, T. ri, p. 231 et suiv. — Verry, T. icr, p. 132.

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