‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 173 sur 228 · LIVRE III. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE IV

du Bosphore continuaient à la rendre impuissante au dehors. Délivré enfin de Romain et de ses enfans, Constantin s'était trouvé un moment seul maître de l'empire. Sa faiblesse, sa cruauté et son intempérance donnèrent un libre cours à la vénalité, à l'intrigue et à la corruption. Habile dans les sciences et les arts , il eût pu aider puissamment à leurs progrès, et il les laissa s'ensevelir dans l'abîme commun.

Son fils Romain, le jeune, époux d'Eudoxie, associé à l'empire en 948, et, bientôt las de la tutelle de son père, s'était délivré par le poison de cet incommode collègue que froidement il avait vu mourir dans une lente et incurable langueur. Ce règne, commencé par un parricide, devait se traîner pendant trois ans encore à travers de nouveaux crimes non moins odieux ; et Romain, rongé par la débauche, devait finir à vingt-quatre ans sa misérable existence.

Constantinople , depuis long-temps voyait se succéder sur le trône d'Orient , des maîtres qui osaient bien encore conserver le titre d'empereurs romains , mais pour fomenter des troubles dans la Péninsule, et souvent même pour y favoriser les incursions des Sarrasins, plutôt que dans la pensée de reconquérir hardiment l'autorité en Italie. Enfin, ne venons-nous pas de

34i DEUXIÈME ÉPOQUE.

voir la cour de Constantinople , cette cour naguère si hautaine, tombée assez bas pour agréer, comme fiancée d'un de ses empereurs , la fille bâtarde d'un simple roi de Lombardie ?

Tandis qu'à l'Occident et à l'Orient deux grands empires , jadis rivaux et maîtres l'un après l'autre de l'Italie, traînaient une existence toujours plus compromise au milieu de leurs propres débris , le Nord avait vu des démembremens épars de l'empire de Charlemagne , se former un royaume que le patriotisme des princes germains avait rendu redoutable , en se liguant sous un seul et même roi, contre les Hongrois, les Slaves y les Vénèdes et autres barbares qui désolaient la Germanie.

Henri qui aux talens du législateur joignait les vertus militaires , avait reculé les frontières du royaume, chassé les barbares et mis l'ordre dans le chaos féodal ; mais, trop absorbé par ces nobles travaux, nous l'avons vu peu désireux de compliquer les embarras de sa royauté par la conquête de la Lombardie et même de la couronne impériale des Romains. Un autre devait avoir ce courage.... Cette gloire, nous l'avons dit, était réservée au génie de son fils.

Les commencemens du règne d'Othon furent troublés par le soulèvement de ses plus puissans

Page 1