‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 172 sur 228 · LIVRE 111. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 111. — CHAPITRE IV

cieux dépôt confié à leur garde qui, en défini tive, sauf les respectueux égards dont on l'entourait, n'avait fait que changer de prison. Il fallait donc d'autres protecteurs... Mais où trouver une puissance qui pût et voulût embrasser contre Bérenger la querelle de la fille de Rodolphe?

Son frère, le roi de la Bourgogne transjurane ?... Mais ce prince, enfant encore, était peu fait pour intimider un roi de Lombardie; d'ailleurs la voix du sang et de la parenté entraîne bien rarement les grands de la terre à des hostilités que ne leur conseille ni la prudence, ni la politique.

Pouvait-on compter sur la France?... Voyons en quel état était alors ce royaume.

Des descendans de Charleinagne en occupaient encore le trône qu'entourait le mépris public. Dès la mort de Louis IV, roi de Germanie, nous avons vu les Austrasiens conférer la couronne à Conrad, et fouler aux pieds les droits qu'eût pu invoquer Charles-le-Simple dont ils redoutaient peu le ressentiment.

Comme pour Charles-le-Simple, ce qui restait de la France à son fils Louis d'Outre-Mer n'était plus qu'une agglomération sans unité, informe, monstrueuse de petits États pressurés par de petits tyrans , jaloux les uns des autres et

guerroyant entre eux , n'ayant d'autre frein que l'ambition et la cupidité de rivaux plus ou moins puissans. Le roi retenu long-temps prisonnier par Hugues-le-Grand , n'était qu'un fantôme et son autorité qu'une vaine ombre.... Les choses, dans ce malheureux pays, en étaient venues à un tel point de désordre et de désorganisation, qu'il importait peu à la France , à l'Espagne, à la Germanie , à la cour du Bosphore , à l'Italie enfin, que le roi de France s'appelât Charles-le- Simple, Raoul, Louis IV ou Lothaire. Où était le roi dans tous ces rois qui s'entrechoquaient , qui se succédaient? Où était la main qui tenait le sceptre de Pepin-le-Bref ? Il n'y avait plus qu'une royauté réelle en France, la féodalité... Venant en aide aux funestes dévastations des barbares , la féodalité avait successivement détruit la filiation des lois , interrompu la succession des coutumes, anéanti la législation de Charlemagne , et elle finissait d'engloutir dans l'abîme creusé par elle, la royauté des carlovingiens qu'elle même avait fondée.

L'Orient ne pouvait pas plus que la France.

Constantin Porphyrogénète avait, comme nous l'avons dit, vu s'asseoir près de lui, sur son trône, Romain Lécapène et les enfans de cet audacieux aventurier. Les intrigues intérieures de la cour

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