LIVRE IV., — CHAPITRE V
de basse perfidie qui l'a rendu captif du duc de Bénévent; en second lieu, contre de criminelles démarches tentées récemment par Adelchis auprès de la cour du Bosphore ; en effet , l'empereur venait d'apprendre de source certaine, que ce duc félon , effrayé à l'annonce de la marche de l'armée lombarde sur Gapoue , et redoutant la trop juste vengeance de Louis II , avait invoqué l'aide des Grecs , avec la promesse de reconnaître en retour l'empereur Basile pour son souverain. La diète, présidée par Jean VIII, successeur d'Adrien II , dégage Louis du serment de Bénévent, et déclare Adelchis rebelle, traître et ennemi du peuple romain.
L'empereur se porte aussitôt avec son armée victorieuse contre Bénévent (1).... Mais Adelchis était prêt à le recevoir. Basile, dont l'habile administration avait relevé l'éclat et la puissance de la couronne de Constantinople , l'ambitieux Basile, séduit par l'offre d' Adelchis qui le met-
(1) Année 873. C'est à tort, selon nous , que quelques historiens * affirment , qu'au lieu de marcher lui-même contre Adelchis, Louis II chargea l'impératrice de la conduite de cette expédition. Le motif de cette singulière résolution de la part de l'empereur, aurait été, dit-on/ la crainte d'être considéré comme parjure. Ces historiens oublient ou n'ont pas su qu'Adelchis avait exigé le même serment de l'impératrice.
* Entre autres V Annaliste saxon, T. i" sctiptor Eccardi. T. IL 3
tait en voie de reconquérir plus tard les provinces qu'avait possédées l'empire d'Orient en Italie, s'était hâté d'envoyer une flotte qui débarquait à Otrante pendant que Louis s'apprêtait à attaquer Bénévent.
De graves hostilités entre des princes chrétiens étaient près d'ensanglanter de nouveau l'Italie que les Sarrasins, vaincus mais non chassés sans espoir de retour, menaçaient toujours de loin , et que de pareilles collisions allaient livrer sans défense à ces avides dévastateurs. Jean VIII part précipitamment de Rome et se rend au camp de Louis IL Sa médiation fait déposer les armes aux deux armées. Un traité de paix est signé entre l'empereur et le duc de Bénévent, qui peut-être attendaient avec un égal désir une occasion favorable de terminer, disons mieux , de prévenir cette guerre (1).
La santé de l'empereur s'affaiblissait chaque jour davantage : n'ayant aucun enfant mâle à qui laisser la couronne et l'empire, il jeta les yeux sur celui de ses deux oncles dont les procédés, lors du voyage d'Engilberge aux cours de France et de Germanie, avaient le moins blessé
(1) Giulini, lib. vi.