‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 19 sur 228 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

son orgueil. Il témoigna donc à Louis de Germanie le désir de le voir; ces deux monarques se rendirent à Vérone et y tinrent un congrès dont Jean VIII fît également partie (1).

Comme le pense Giulini f il dut être question dans cette conférence des prétentions de l'empereur sur la Lorraine , et des arrangemens durent être pris pour régler cette affaire selon les vœux de Louis II, dans le cas où sa santé se rétablirait. Les deux princes firent alliance contre Gharles-le-Chauve , dans le but de dépouiller ce roi des possessions usurpées par lui au détriment de l'empereur; enfin tout indique que dans cette entrevue furent arrêtées les bases du testament par lequel l'empereur Louis II (2) désigna, pour son successeur au royaume d'Italie et à l'empire , son oncle Louis-le-Germanique.

Les peuples d'Italie voyaient, avec plus d'inquiétude encore que l'empereur lui-même, s'approcher le terme d'une vie glorieuse et toute consacrée au soin de leur défense et de la prospérité commune.

L'apparition d'une comète , au mois de juin 875, vint fortifier, dit Giulini, ce pressentiment

(1) Giulini, lib. vi, ann. 81 U.

(2) Puffendorff, Introd. à ïhist. de l'Univ., T, v, liv. v, chap. il. Emp. d'Allém., Louis 11, ann. 875.

général. L'empereur Louis mourut le 12 août de cette année, à Brescia (1). Antoine, évêque de cette ville , le fît inhumer avec pompe dans l'église de Santa-Maria.

A cette nouvelle, Ansperto, archevêque de Milan, se hâta d'expédier son archidiacre auprès de l'évêque de Brescia , avec ordre de lui demander la remise des dépouilles mortelles de l'empereur. Sur le refus d'obtempérer à cette injonction , Ansperto écrivit aux évêqùes de Bergame et de Crémone , de se porter à Brescia avec tout leur clergé, ainsi qu'il allait le faire lui-même à la tête du clergé^ milanais (2). Ce dut être un singulier spectacle que l'apparition aux portes de Brescia de ces trois pieuses troupes, sorties instantanément de Milan, de Crémone et de Bergame , revêtues de chasubles, armées de croix > de cierges et de banderoles sacrées , chantant des cantiques et marchant processionnellement à la conquête pacifique des restes mortels d'un empereur* L'émotion fut grande dans Brescia, à la vue de cette imposante procession : force fut à l'évêque Antoine d'ouvrir les

(1) Giuli.ni, lib. vu. Et non à Milan, comme l'ont dit Voltaire, le président Hénault, la plupart des historiens français et Puffendorff.

(2) Verry, T. Ier, p. 107. — Gîulïni, T. Ier, lib. vi, p. 356.

Page 1