‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 181 sur 228 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Bérenger cherche à secouer le joug d'Othon et à se venger des partisans d'Adélaïde. — Siège du château de Canossa. — Une armée germaine fait lever ce siège. — Mort de Ludolphe. — Soupçons contre Bérenger. — Tyrannie toujours croissante de ce prince. — Plaintes à la cour de Germanie. — Le prêtre Adelmann. — Griefs de Yenise. — Rome se joint aux ennemis du roi de Lombardie. — Othon part pour la Péninsule. — Défection des troupes de Bérenger. — Othon est couronné roi de Lombardie à Milan, et empereur d'Occident à Rome des mains de Jean XII. — Willa et Bérenger tombent aux mains du vainqueur. — Vaines intrigues d'Adalbert, leur fils. — L'avènement d'Othon comme roi de Lombardie et empereur est le terme définitif de l'influence française en Italie et le triomphe de la puissance germanique dans la Péninsule.

— De 954 à 962. —

Othon , lors de sa première apparition en Italie, s'était borné à y faire reconnaître sa souveraineté , sans prendre explicitement le titre de roi des Lombards. En se rendant aux voeux de l'impératrice Adélaïde, en pardonnant à Bérenger, en le continuant lui et son fils dans la royauté de Lombardie , le prince germain n'avait fait que prendre incomplètement possession de ce royaume. Avec un homme tel que Bérenger, user de tant d'indulgence c'était compro-

mettre un premier triomphe, c'était s'exposer à un prochain repentir , et se préparer le souci d'une invasion nouvelle. En effet, la haine de Bérenger et son besoin de vengeance ne restèrent pas inactifs pendant les troubles de Germanie suscités par la rébellion de Ludolphe, et qui \ tout en étant pour Othon une occasion de gloire immortelle, furent aussi un sujet de grave préoccupation pour ce monarque..

Le roi de Lombardie , à la première nouvelle de cette révolte, avait rassemblé à la hâte et dirigé contre le château de Canossa un nombreux corps de troupes pour recommencer le siège de cette forteresse, occupée par celui qu'il considérait comme la première cause de ses revers. L'intrépide Azzon, livré à ses seules ressources, repoussa victorieusement pendant trois années les attaques des troupes du despote ; mais le temps pouvait faire ce que n'avaient pu amener des agressions de vive force; les vivres, qu'il avait été impossible de renouveler pendant un aussi long siège et un blocus des plus rigoureux, commençaient à manquer dans la forteresse... Azzon, sachant l'empereur de Germanie aux prises avec son fils rebelle, n'avait pas osé, tant qu'il avait cru pouvoir soutenir le siège, invoquer son secours ; mais au moment d'êlre

Page 1