LIVRE III. — CHAPITRE V
fait appeler Aldéric, dont te grand âge semblait promettre une prochaine vacance. Mais Hugues perdit le trône avant la mort du vieil archevêque qui n'eut lieu qu'en 943. Dès que cette mort fut connue , Bérenger, cette fois fidèle à un de ses engagemens , avait voulu imposer à ce siège l'intrigant Mariasses, Une partie du clergé et du peuple milanais l'avait secondé , tandis que l'autre portion de l'Église milanaise et de la population s'était prononcée pour Adelmann , prêtre lombard. Des troubles sérieux s'étaient élevés. Chacun des deux élus avait pris le titre d'archevêque de Milan, sans avoir été consacré. Tous les deux avaient fait main basse sur les revenus de cette métropole , l'une des plus riches de l'Italie, et s'en étaient servi pour grossir le nombre de leurs partisans.
L'impérieuse Willa> femme de Bérenger, avait soutenu avec ardeur la faction de Manassès, que toute son influence n'avait pu cependant parvenir à faire complètement triompher.
Ce déplorable schisme désola pendant plusieurs années l'Église de Milan ; il durait encore en 953. Enfin les Milanais, fatigués de tant de scandales ruineux , forcèrent les deux rivaux à se soumettre à une élection générale dont le résultat fut réloignementde l'un et l'autre prélat,
et la consécration d'un troisième compétiteur, de Guàlpert ou Walpert.
Bérenger n'endura qu'impatiemment l'outrage fait à sa créature à qui Willa voulut conserver le vain titre d'archevêque de Milan ; et Adelmann , le cœur ulcéré des obstacles que lui avaient suscités le roi et son impétueuse épouse, alla grossir auprès d'Othon le nombre des plus violens adversaires de Bérenger,
Aux plaintes parties de tous les coins de la Lombardie était venue se joindre la voix de Venise, demandant aussi au roi de Germanie satisfaction de ses griefs contre Bérenger, et dont voici l'origine et la cause.
Pendant que le roi des Germains luttait contre la rébellion de son fils Ludolphe, Pierre Candiano III (t), doge de Venise , avait eu de son côté à réprimer une révolte parricide.
Un de ses fils qu'il avait fait nommer son collègue , s'étant joint à ses ennemis , une lutte sanglante s'était engagée sur la place de Bialto. Le jeune Candiano , battu , n'avait échappé que par l'exil au dernier supplice.
Guy, un des fils de Bérenger, était alors en possession du duché de Spoletti , dont le roi de
(1) DANDULUS, in Chronic., T. Vil, Rer. italic.