CHAPITRE Ier. — PREMIÈRE ÉPOQUE
croyons avoir établi que les rois , dans tous ces actes, se réservèrent, au moins implicitement, les droits de souveraineté... Ces droits, du reste , nous les leur avons vu exercer quelquefois , de l'aveu et sur les instances même de certains papes»
Quelques auteurs disent encore qu'en reconnaissance de ces donations, les papes accordèrent aux rois francs le droit d'investiture des évêchés et des autres dignités ecclésiastiques dans leurs États. D'autres historiens font observer qu'il n'y eut point là octroi de la part du Saint-Siège , mais simple reconnaissance d'une prérogative comprise dans ce que l'on appelle les droits régaliens. « Et il faut, » dit un auteur allemand (1), « pour contester ces droits à un » souverain , lui disputer ou lui ôter même sa » couronne. . . » Le même historien compte au nombre de ces prérogatives des empereurs d'Occident, l'investiture des papes.
Rome , si elle avait toujours bien compris sa situation à l'égard des empereurs francs, et, plus tard , à l'égard des souverains d'Allemagne qui tinrent l'empire d'Occident sous leur loi , eût évité de grands désordres , d'affligeans scanda-
(1) De Heiss, Hist. d'AUem.
les et une foule de maux qui, à diverses époques, fondirent sur la chrétienté.
Revenons à la Lombardie en nous résumant. . . Si elle ne fut pas exempte de quelques vicissitudes sous les rois ou empereurs francs, ces maux ne furent que les faibles contrecoups des sanglantes agitations qui , à cette époque , travaillaient l'Europe. La période française fut , pour ces contrées, presque un temps de paix et de bien-être au milieu du trouble général ; et quand elle dut subir les nécessités de la guerre, la Lombardie apparut le plus souvent dans les champs de la lutte, comme le bouclier et le glorieux soutien du reste de la Péninsule.
Des abus qui tenaient aux mœurs des temps, et dont n'était exempt aucun autre peuple ; des exactions de quelques grands vassaux que les progrès de l'esprit féodal encourageaient dans leur ambition et leur cupidité , mais que les monarques francs cherchèrent à réprimer et que souvent ils châtièrent ; quelques guerres lointaines où se prodiguaient le sang et l'or de ses citoyens aussi bien que l'or et le sang de ses maîtres , et dont l'issue , à la vérité , n'intéressait pas toujours directement la Lombardie ; enfin, d'autres guerres d'où dépendaient quelquefois son bien-être, souvent le salut de toute 11-