‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 2 sur 228 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

les mystères sacrés, y permettre la présence de Lothaire i l'absoudre de sa faute , et lui donner la communion de sa main. Pour prix de cette condescendance, on promettait formellement de rompre la fatale et coupable liaison. Adrien hésitait encore , comme si cette humble démarche d'un roi, appuyée par un empereur, n'était pas une suffisante réparation du scandale donné, ou plutôt comme s'il attendait, d'un peu plus d'abaissement delà royauté, quelque nouveau triomphe pour l'autorité de la chaire pontificale (1).

L'impératrice dut aller elle-même à Rome. Mais cette fois , dit l'historien de l'Église, elle y fît entendre de ces sortes de sollicitations qui tiennent lieu de commandement absolu dans les personnes de son rang.

On se rendit, de part et d'autre , au Mont- Cassin; le pape célébra la messe : Lothaire était présent. « A la fin du saint sacrifice , » ajoute le même historien , « le pontife , prenant en » mains le corps de Jésus-Christ, et se tournant » vers le roi , lui dit d'une voix haute et for- » tement accentuée :

« Prince , si cous n'êtes pas coupable de l'a- » duttère depuis que vous avez été averti par le

(1) Bertuti-Bekcastel, T. V.

» pape Nicolas, et si vous avez fait une ferme résoy> lution de n'avoir plus de commerce avec votre » concubine Waldrade, approchez en toute con~ » fiance , et recevez le sacrement de la vie éter- » nellé; mais si votre pénitence n'est pas sin- » cère, n'ayez pas la témérité de recevoir le corps » et le sang de notre Seigneur, et de vous incor- » porer, en les profanant , votre propre condam- » nation (1). » Lothaire ose recevoir le sacrement ; plusieurs seigneurs de sa suite participent à la communion. De magnifiques présens sont échangés entre le roi pénitent et le souverain pontife y qui dînent ensemble et se séparent avec les marques d'une affection réciproque. Lothaire repartit aussitôt après pour la Lorraine dit Muratori, avec l'espérance secrète de retrouverWaldrade que , peu de temps auparavant, Rome, sur les instances de l'empereur, avait relevée de l'anathème. Mais arrivé à Lucques , il fut surpris par une fièvre qui devint plus grave à Plaisance ; le même mal envahit une partie de son cortège. Cette fièvre produisait les plus effroyables effets : les cheveux, les ongles, la peau même, tombaient à ceux qu'elle avait atteints, et tout leur corps n'était plus qu'une horrible plaie.

{\)&-B.,Hùt. de l'Egl., liv. xxvi, ann. 869.

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