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CHAPITRE II. DEUXIÈME ÉPOQUE

sans avoir ceint la couronne de fer. Il demande le serment des Romains : Jean VIII le lui refuse parce qu'il n'est pas empereur, et peut-être aussi parce que la santé chancelante de ce prince lui fait peu redouter les suites de son ressentiment. On trouve le secret de l'énergie de bien des hommes dans la faiblesse ou l'impuissance de ceux qu'ils osent braver.

Le pape qui , pour obtenir une trêve des Maures, consent à leur payer un tribut, court implorer contre ces barbares le secours du fils de Gharles-le-Chauve qui , trop affaibli par les usurpations de ses grands vassaux , n'a que des vœux impuissans à offrir au pontife.

Jean VIII lui montre la couronne impériale et celle d'Italie ; le monarque français n'ose accepter ce lourd fardeau.

Boson , gendre de l'empereur Louis II et duc de Provence, aspire au trône de Pavie. Jean VIII le conduit au delà des Alpes : au lieu d'une couronne qu'il promet à Boson , le pontife lui fait partager la honte d'une démarche qui partout rencontre le blâme et le dédain.

L'audace de Boson a réveillé l'ambition des plus puissans seigneurs de Lombardie ; et tandis que Jean VIII , harcelé par les Sarrasins , fatigue vainement les cours de France et de Ger-

manie , et même la cour de Gonstantinople , par les offres incessantes et simultanées soit de la couronne impériale d'Occident, soit de la souveraineté en Italie ? cette même Italie voit surgir de son propre sein d'audacieux aspirans à la succession de Louis II.

Le double couronnement de CharIes-le-Grosy comme roi de Lombardie et comme empereur, précède de peu de temps la triste déchéance de ce prince, dont le règne fatal au reste de l'empire est marqué pour l'Italie par une expédition heureuse contre les Maures.

Ainsi, au milieu du désastre général de la chrétienté , nous voyons la dette de reconnaissance toujours s'accroître pour l'Italie, envers les descendans de Charlemagne.

Aux bienfaits de la domination des earlovingiens était venu se joindre , pour la Lombardie et surtout pour Milan , la tutélaire et féconde administration de l'archevêque Ansperto. Tout, à cette époque , prospérait dans ces belles contrées ; tout y paraissait calme ; mais sous ce calme bouillonnait sourdement la tempête qui , pour éclater dans la Péninsule italique , n'attendait que l'embrasement du reste de l'Europe.

Le génie féodal marchait aux conséquences extrêmes de son premier triomphe.

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