‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 208 sur 228 · CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE

journée de Turin. Sous Louis XV, le maréchal de Maillebois et l'infant don Philippe ne purent réunir, après le désastre de Plaisance (en 1746), sous les murs de ïortone , que seize mille hommes de toute une armée destinée par le roi de France à subjuguer l'Italie.

Enfin, Napoléon s'en vint par des prodiges de gloire venger tous ces désastres.

Conquête brillante et glorieuse autant que passagère !

L'épée de ce nouveau Charlemagne replaça l'Italie sous l'égide et la puissance de la France. Comme au ixe siècle , nous avons vu de nos jours promulguer des décrets, des institutions tendantes à la fusion des mœurs et des coutumes des peuples de France et d'Italie que l'heureux vainqueur avait réunis sous son sceptre.

Un demi-siècle s'est à peine écoulé depuis les premiers triomphes du grand capitaine sur Beaulieu , Àlvinzi et Wurmser, et déjà, depuis plus de vingt-cinq ans , les Codes napoléoniens sont rayés de la législation d'Italie, et déjà Milan, déjà Venise ont salué deux rois du royaume lombardovénitien, dans deux empereurs d'Autriche.

Malgré ces vicissitudes , notre orgueil national , notre furia francese nous pousseront peutêtre plus d'une fois encore vers cette belle Loin-

bardie que parmi nous on se figure être une fraction , une annexe naturelle de la France ? et dont les habitans s'appellent eux-mêmes , non sans un sentiment de vanité : les Français de r Italie.

Il y avait naguère deux Lombardies bien distinctes, comme aussi deux influences opposées qui la subjuguaient.

La Lombardie , nord de la Péninsule italique qu'elle commande et qu'elle protège au besoin, poste avancé d'où l'Europe surveille et menace la France. Cette Lombardie, les traités de 1815 la donnèrent ou la rendirent à l'Autriche. Courbée sous un joug qu'elle détestait, elle rendit long -temps sa position plus dure encore par des conspirations et des révoltes que réprimait toujours la main puissante de ses maîtres ombrageux et vigilans.

L'Autriche , telle que l'ont constituée les traités de Vienne , aurait incendié et incendierait encore l'Europe plutôt que de renoncer à ce royaume lombardo-vénitien , bordé, le long de ses côtes orientales, par l'Adriatique , et devenu l'une de ses conditions essentielles de vitalité politique et commerciale.

Cette Lombardie armée , matérielle, territoriale, est depuis vingt-cinq ans et sera probable-

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