‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 213 sur 228 · CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE

que pour faire place à quelques grandes puissances qui , à elles seules , absorberont le continent et les mers , la France , dans ce vaste remaniement du monde , la France aura à revendiquer sa part.

Que la Russie prenne la vieille Bisance , le Bosphore et la mer Caspienne ; que l'Angleterre étende son avide main de Bombay à Canton, en passant parla mer Rouge et FEuphrate; que la Prusse s'élargisse en Allemagne, qu'elle partage avec la Russie ou la Pologne les territoires qui bordent la Baltique jusqu'aux glaces de la Laponie; que l'Espagne et le Portugal, les îles Açores et les Baléares ne fassent qu'une seule nation; que l'Autriche s'enrichisse sur le Danube et sur les bords de la mer Noiçe des débris de l'empire ottoman ; qu'on lui donne , outre les côtes illiriennes que déjà elle possède , l'Albanie et même la Grèce, pour mieux protéger son commerce de l'Adriatique et de l'Archipel ; mais que dans ce grand partage de peuples la France reprenne ses limites du Rhin, qu'elle s'adjoigne l'Italie, la Sicile, trois points tels

notre glorieux pays, ne nuirait en rien, et serait, au contraire , un droit de plus aux agrandi ssemens et compensations que la France pourrait attendre d'un nouveau remaniement du monde.

que Tunis , Alger et Ceuta sur les bords africains, quelques îles de relâche et de protection sur les diverses mers du globe, un point sur la mer Rouge , un point sur le golfe Persique , et la France , sans opprimer personne , n'aura à abaisser la pointe de son glaive devant aucune puissance de la terre. Elle ne fera , au milieu de cet accroissement général des autres grandes puissances, que recouvrer le rang qu'elle occupa toujours parmi les nations prépondérantes de la terre , et d'où la jalouse Europe semble vouloir la précipiter.

Mais trêve à des utopies dont la pensée ne nous est venue qu'en entrevoyant des cliances nouvelles d'extension pour les autres grandes puissances de l'Europe , et dont la réalisation , du reste , ne nous semblerait rien moins qu'à souhaiter, tant un trop grand développement de territoire est à nos yeux une cause d'embarras et un sujet d'incessantes perturbations pour un royaume.

Voyons les choses dans leur réalité, dans cette triste réalité que les traités de 1815 nous ont faite.

Ne revenons pas sur cette question résolue pour nous , du plus ou moins d'intérêt qu'il y aurait pour la France à occuper l'Italie, et des

Page 1