LIVRE 1'. — CHAPITRE 1er
tête de son clergé au devant du pape qui, à peine rendu dans cette capitale , y convoque , pour le 2 décembre , un concile où il appelle de nouveau les évêques de Lombardie et les seigneurs laïcs de ce royaume. « Je suis émerveillé , écrit- » il à Supporte , duc de Milan (1), qu'ayant » appris que nous étions dans le ressort de » votre administration ( in tuos honores ) , vous » n'ayez pas aussitôt couru à notre rencontre. » Nous voulons bien ne pas accuser votre cœur, » et n'imputer ce tort qu'à la seule crainte de » déplaire à votre seigneur (Carloman); c'est » pourquoi nous vous pardonnons ; mais hâtez- » vous, toute affaire cessante, de répondre à » notre convocation, et engagez à en faire au- » tant tous ceux à qui nous avons adressé, dans » le même but, des lettres apostoliques. »
Ce concile avait pour prétexte apparent le règlement de plusieurs affaires de l'Eglise ; les personnages convoqués y virent d'autres desseins que faisaient soupçonner les secrètes menées d'Angilberge et qu'accusait assez hautement la présence de Boson et de sa femme à Pavie. . . L'ordre de Jean VIII reste cette fois encore sans effet ; aucun évêque , aucun seigneur
(1) GitiLiNi, ilnd.
ne se rend au concile. Le pape , après ce nouvel outrage , s'empresse de reprendre le chemin de Rome. De leur côté , Boson et sa femme n'ont pas moins de hâte de retourner en Provence. L'année suivante, le concile de Mantes dédommagea de cet échec le couple ambitieux, en créant pour Boson le royaume de Bourgogne et de Provence.
Oublieux de ses récentes querelles avec les fils de Louis-le-Germanique , ou croyant, au moyen de quelques obséquieuses avances , leur faire jeter le voile de l'oubli sur ses imprudentes démarches , d'abord auprès du roi de France , puis en faveur de Boson, Jean VIII, de retour à Rome, écrit aux trois frères, et montre en perspective la couronne impériale à chacun d'eux , en retour de son amitié et d'une protection efficace contre les Sarrasins. Mais Carloman n'avait plus qu'à faire un éternel adieu aux grandeurs comme aux misères d'ici-bas , qui sont vues de tous du même œil, quand va s'ouvrir la tombe»
Louis convoitait la portion de l'Allemagne que la mort prochaine de son frère aîné semblait devoir laisser sans maître, Carloman n'ayant pas de fils légitime. Ce lot était plus sûr à ses yeux que le trône d'Italie , offert par un pape sans autorité.