‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 40 sur 228 · LIVRE Ie'. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE Ie'. — CHAPITRE Ier

En adroit politique, Louis, dans une conférence qu'il s'était ménagée avec Charles pour s'entendre sur le partage futur des États de leur frère mourant, avait su dissimuler au roi de Suabe le peu de stabilité de la couronne de Lombardie , et lui faire agréer cette chanceuse candidature, en échange de la Bavière qu'il se réservait. Mais pour se venger des torts et de la duplicité de Jean VIII, les deux frères convinrent entr'eux que l'influence de Rome n'entrerait pour rien dans cet arrangement amiable. Les fils de Louis-le-Germanique répondirent donc par le silence du dédain, aux pressantes instances du pontife.

Jean VIII, secrètement prévenu de cette convention qui blesse son orgueil et ce qu'il appelle ses droits, ose tenter d'en conjurer les effets ; se fondant sur le faible état de santé où languit Garloman, il déclare hautement que la couronne d'Italie doit être le partage d'un prince plus digne et plus capable de la porter. Pour aviser à ce choix important, il convoque à Rome un concile pour le mois de mai. L'archevêque Ansperto y est impérativement appelé, avec injonction formelle de ne reconnaître aucun roi de Lombardie sans le consentement préalable du Saint-Siège. Ansperto ne tient pas plus compte

de cette nouvelle convocation pour un troisième concile que de celles qui l'ont précédée. Quant à la défense de ne reconnaître de roi de Lombardie que l'élu de Rome , l'orgueilleux prélat fait répondre au pape que le titre de roi d'Italie est distinct de la dignité d'empereur, et que si la couronne impériale doit venir du Saint-Père, il n'en est pas de même de la couronne d'Italie, dont lui, archevêque de Milan, ou plutôt la diète du royaume qu'il préside , a droit de disposer (1).

Offensé de cette réponse altière, Jean VIII frappe Ansper to d'excommunication , et annonce qu'il ne lèvera l'interdit que quand l'archevêque rebelle aura fait amende honorable , soit en se présentant lui-même au Vatican, soit en expédiant à Rome un émissaire chargé des expressions de son repentir et de sa soumission. . . Ansperto ne s'émeut nullement de la colère du pontife ; il reste tranquillement à son siège et n'expédie aucun émissaire à Rome.... Le pape écrit alors au clergé milanais qu'Ansperto, s'étant rendu indigne du siège épiscopal par sa désobéissance , les évêques suffragans doivent être convoqués pour procéder à l'élection d'un nouvel

(1) Giulini, T. rr, lib. vu.

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