LIVRE Tv. CHAPITRE II
dernier effort , avait vainement tenté de déposséder de son archevêché. Ce prélat était doué de rares vertus , de grandes qualités 7 et possédait des richesses immenses dont il fit le plus noble usage. Par ses soins et à l'aide de ses trésors ? furent reconstruits , autour de Milan , les murs d'enceinte qu'avait élevés l'empereur Maximien, et qui protégèrent cette ville jusqu'à l'invasion de Barberousse, au xne siècle,
a Profitant, » dit le comte Verry, « de la fai- » blesse ou de l'absence des rois , Ansperto agit » lui-même en souverain bienfaisant et en res- » taurateur de sa patrie. Il releva le courage des » Milanais , et rappela dans la ville une grande » partie de la population que la terreur en » avait exilée. De cette époque, » ajoute le même historien, a date la renaissance de cette citécé- » lèbre, qui ne recouvra toutefois son rang de » capitale de la Lombardie que deux cents ans » après (1). »
Sous l'habile et prévoyante administration d'Ansperto , les couvens , les abbayes , les églises , les hôpitaux , reprirent une nouvelle vie , par l'ordre , l'économie , la discipline qu'il sut y maintenir. Il aimait la justice et se montrait
(1) Comte Verry, T. Ier, p. 3.
ferme et inébranlable dans ses résolutions: Effecior voti, propositique tenax, ainsi que le dit son épitaphe conservée à Milan dans l'église de Saint- Ambroi se (1).
Anselme , archidiacre de la métropole, fut le successeur d' Ansperto.
Jean VIII suivit de près au tombeau (2) son orgueilleux adversaire de Milan. Les annales de Fulde disent qu'il fut assassiné à coups de marteau ; l'histoire de l'Église ne parle pas de cette mort violente.
Selon Baronius i la condescendance ou plutôt l'étrange faiblesse de ce pape à l'égard de Basile et de Photius, aurait donné lieu à la fable de la Papesse Jeanne : la légèreté , l'inconséquence des actes de ce pontife, l'auraient fait appeler Jeanne ta Papesse. Dans le même sens , les An-
(1) Giulini, T. Ier, p. 366. — Verry,T. Ier, p. 108. La famille des Confalonieri de cette ville prétend compter ce prélat illustre parmi ses plus anciens membres.
Le comte Giulini croit la chose possible , probable même ; seulement cet historien ne pense pas que jamais Ansperto ait porté le nom de Confaïoniero. Ce n'est que quelque temps après la mort de cet archevêque , que sa famille paraît avoir occupé la place de Confaïoniero de père en fils , et en avoir pris le nom, comme nous l'avons remarqué pour les Visconti ; comme le firent aussi les Capitani , les Gastaldî, et plusieurs autres anciennes familles dont le nom, si ce n'est la véritable descendance, est venu jusqu'à nous.
(2) En décembre 882.