‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 46 sur 228 · LIVRE 1 '. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1 '. — CHAPITRE II

amenées le duc de Spoletti. Ses premiers efforts avaient été couronnés de succès ; Guaiferio, gagné par le pape , s'était détaché de la coalition ; Naples même avait brisé quelques instans sa honteuse alliance ; mais ce résultat s'était obtenu par un crime , triste voie qui ne faisant atteindre qu'un but décevant , conduit au mécompte et au revers.

Voici le fait :

Sergius était duc de Naples ; les instances et les menaces du pape pour le détacher de la ligue ayant été vaines , l'évêque Athanase, frère de ce même Sergius , s'empare de sa personne , a la lâche barbarie de lui faire crever les yeux et de le livrer à Jean VIII , qui proclame le prélat fratricide, duc de Naples... Mais, traître à son souverain , bourreau de son frère , Athanase ne tarde pas à trahir Rome et à faire alliance avec les Sarrasins (1). La coalition, devenue plus que jamais puissante , attaque Bénévent , Capoue f Salerne ; elle menaçait d'envahir Rome, quand Charles de Suabe paraît devant cette capitale avec son armée : il offre ses secours à Jean VIII en échange de la couronne impériale.

Le pape le sacre et le proclame empereur (2),

(1) PiJFFENDORFF , Hist. de l'Univ. , Tit. il, 1. H, ch. ik

(2) Les Annales de saint Berlin croient que ce eoïiroiï-

Charles marche aussitôt contre les infidèles , délivre de leur désastreuse présence les environs de Rome et les pousse jusqu'à Ravenne ; mais de nouveaux et graves intérêts l'appelant au delà des Alpes , il interrompt tout à coup ses succès et retourne en Germanie.

Un tel départ, dans un moment aussi critique, était presque une défection pour la malheureuse Italie , qui se dégoûta plus que jamais d'une domination étrangère. Dès lors quelques seigneurs italiens osèrent concevoir la pensée de s'emparer de la souveraine puissance, et commencèrent à faire naître dans les esprits l'opinion que c'était là le seul moyen de remédier aux maux dont la Péninsule était accablée. Ce projet, nouvelle péripétie du drame historique qui nous occupe, devait recevoir, peu d'années après, son exécution.

Charles, pendant son séjour à Rome , était parvenu, dit Giulini, à réconcilier Jean VIIT avec Ansperto , que le Saint-Siège , par un récent et

nement eut lieu le 25 décembre 880, jour de Noël. Le cardinal Baronius le reporte au jour de Noël de l'année suivante 881.

Muratori pense que cette solennité eut lieu dans l'un des deux premiers mois de l'année 881, mais il ne sait préciser ni le jour, ni même lequel de ces deux mois. {Antiq. Italie. , dissert. 8 et 41. — Annal. d'If., T. \, p. 133 et suiv. , ann.880 et 881. )

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