‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 52 sur 228 · LIVRE Ie '. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE Ie '. CHAPITRE

lité rend ennemis secrets du duc de Spoletti.

Le duc de Frioul, Bérenger, qu'importunent l'ambition et la renommée toujours croissante de Guy, accepte de l'empereur la mission de marcher avec ses troupes et l'armée impériale contre le duc rebelle. Guy, resté seul dans sa révolte audacieuse, quitte la Pentapole et même le duché de Spoletti où sa tête est mise à prix. Bérenger envahit une partie de ses États et se serait emparé de tout le duché, si la peste, qu'il rencontra dans sa course et qui se répandit bientôt dans une grande partie de l'Italie, ne l'avait contraint à la retraite.

Charles se hâte de déposséder Guy de ses États. Bérenger obtient une partie des dépouilles de son rival; quelques seigneurs, soupçonnés d'être les amis secrets du duc.de Spoletti , sont aussi privés de fiefs et de bénéfices qui leur viennent de leurs ancêtres et que se partagent d'avides courtisans (1).

Cette violence qui, en d'autres temps peutêtre, eût pris le nom d'acte de vigueur, sema de nouveaux germes d'irritation et de troubles, le bras qui portait ces coups étant trop débile pour en maîtriser les conséquences.

(\) MuraïORI , Ami. d'It.^ï. v, p. U7, ann. 883,

Adalbert , duc de Toscane et beau-frère de Guy, accueille le duc fugitif à sa cour qui devient un foyer de séditions et d'intrigues. De toutes parts l'orage grossit sur la tête de Charles. La rivalité qui divisait naguère les grands vassaux italiens , se fond bientôt dans une haine commune contre le joug étranger. Charles , effrayé de sa propre audace , parle de clémence et s'efforce d'attirer à sa cour de Pavie le duc de Spoletti. Guy, par un dernier reste de condescendance pour le titre d'empereur que , dans ses secrètes vues peut-être , il ne veut pas trop abaisser, consent à déposer (1) au pied du trône impérial quelques mots de repentir en échange de ses États qu'on a hâte de lui rendre.

De nouveaux ravages , commis par les Normands en Lorraine et dans la basse Germanie \ forcent Charles à s'éloigner une fois encore de la Péninsule, et délivrent Guy de cet importun voisinage.

Sur ces entrefaites , le pape Marin Ier vint à mourir ; il eut pour successeur Adrien III. Quelques historiens affirment , sans le prouver, que ce pape, enhardi par l'impuissance des descendans de Charlemagne , osa publier deux bulles , dont l'une défendait aux empereurs de s'im-

(1) MiiRATOR], ami. 885.

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