LIVRE Tr. — CHAPITRE II
miscer dorénavant dans l'élection des papes ; et l'autre qui , laissant pressentir la mort prochaine de Charles-le-Gros sans descendance masculine, avait pour but de déclarer les grands vassaux d'Italie aptes à prendre les rênes du royaume lombard et même de l'empire. Muratori exprime des doutes sur l'existence de ces deux actes.
Voyant les nombreux embarras suscités à Charles-le-Gros, Guy, qui un moment s'était lait l'ennemi des papes et l'allié des infidèles , sent que le temps n'est pas loin où le concours de Rome pourra devenir utile à son ambition secrète. Son attitude, d'hostile qu'elle avait été, devient obséquieuse et soumise à l'égard d'Adrien, dont il gagne la bienveillance au point que le souverain pontife l'appelle son fils d'adoption (1). Adrien avait en ce moment besoin de secours contre les Sarrasins qui infestaient les bords du Garigliano; il demande l'assistance du duc de Spoletti. Guy prend les armes, attaque leurs retranchemens qu'il enlève ; il pille leur camp et passe au fil de l'épée tout ce qui n'a pu trouver un refuge dans les montagnes ; de là , le vainqueur marche sur Gapoue qui se soumet à ses armes.
(1) Voir la lettre de Foulques, archevêque de Rfieims, à Adrien III (b'RODOARP, flM Remens., lib. îv, c. I, )
Anastase, ce frère barbare que nous avons vu joindre par un crime le titre de duc de Naples au titre d'évêque ; Anastase, qu'un traité lie aux Sarrasins , envoie ravager les environs de cette place dès qu'il reçoit l'avis que le due de Spoletti s'en est éloigné. Guy revient sur ses pas, son approche suffît pour délivrer les Gapouans de ces bandes dévastatrices , dignes alliées des Maures.
Mais les actions de Guy ne sont pas toutes aussi méritoires. Eremperto raconte qnAion , duc de Bénévent,s'étant rendu à Capoue pour conférer avec le duc vainqueur sur quelques difficultés qui avaient refroidi leurs relations, ce dernier eut la perfidie de le retenir prisonnier ; que Guy parut ensuite sous les murs de Bénévent, en compagnie d'Aïon qu'il forçait de se montrera ses côtés ; que les Bénéventins, voyant ces deux princes ensemble et les croyant en bonne intelligence, se hâtèrent d'ouvrir leurs portes, et que les troupes de Guy, à l'aide de ce stratagème, s'emparèrent de la place sans coup férir. Pendant cette prise de possession, ajoute Eremperto, le duc de Spoletti , ayant toujours Aion à ses côtés, courait employer auprès des habitans de Sipunto, la ruse qui lui avait livré la capitale; mais Guy n'est pas plutôt mai-