LIVRE I1. — CHAPITRE III
national... Dans les discordes intestines, le souffle dévorant des partis vous pousse vers telle ou telle bannière ; chacun s'arme alors pour la cause que rendent personnelle des sympathies ardentes ou des haines passionnées, et souvent plus que tout cela , l'orgueil et l'amour-propre engagés par le choix qu'on a fait de cette même cause. La victoire, dans les guerres contre l'étranger, est souvent clémente et quelquefois magnanime ; les vaincus, dans une guerre civile , obtiennent rarement merci ; presque toujours c'est un duel à mort.
Guy et Bérenger furent bientôt en présence. Ces sanglans démêlés ont trouvé un poète qui en a transmis le récit épique aux âges futurs.
Ce poète , connu sous la dénomination de panégyriste anonyme (1) de Bérenger, rapporte les noms des plus illustres chefs qui guidaient les bannières de l'un et de l'autre parti.
Anscar, frère de Guy, avait amené de France cinq cents hommes d'armes à pied ;
Gaussin et Hubert avaient conduit chacun trois cents chevaux des mêmes contrées ;
(1) Adrien de Valois ( Valezius ) a publié un volume in 12, renfermant ce curieux poème et des notes latines que cette œuvre lui a suggérées. Nous avons pu consulter à la Bibliothèque royale de Paris, un exemplaire de ce livre très rare et difficile à se procurer.
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Puis venait l'ardente jeunesse de Toscane, de Spoletti et de Camerino;
Albéric qui , plus tard, en récompense de sa brillante valeur, obtint le marquisat de Camerino , marchait à la tête d'un corps nombreux d'infanterie ;
Reyniei^ son émule encourage, commandait à de non moins vaillantes cohortes ;
Trois cents hommes d'élite , armés de pesantes cuirasses , obéissaient à la voix de Guillaume ;
Ubald, père du comte Boniface qui un jour sera duc de Spoletti, Ubald, chef de hardis condottieri qui , dès cette époque , commençaient à vouer leur sang et leur vie à qui les leur payait le mieux ; Ubald , avec ses hommes à métier guerroyant, a rejoint l'armée de Guy;
Enfin , des milliers de combattans , plus propres à diriger la charrue de leurs champs qu'à manier le fer des batailles , sont aussi accourus sous les drapeaux du duc de Spoletti.
L'armée de Bérenger comptait parmi ses principaux chefs , Gualfred , marchant à la tête de trois mille guerriers du Frioul qui , plus tard , devait le reconnaître comme son marquis ou son duc;
Deux mille soldats armés de cuirasses com-