‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 65 sur 228 · LIVRE I". — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I". — CHAPITRE III

battaient sous les ordres des trois fils de Support , duc de Lombardie ;

Leuiorij son frère Bernard, et un autre Albéric, commandaient à de nombreux escadrons de cavaliers venus du fond de la Germanie ;

Boni face y Bérard, Azzo, Obric, brillaient aux rangs des plus intrépides chefs de cette armée qu'étaient aussi venus grossir par milliers des soldats rustiques arrachés par le signal des combats au calme de leurs obscures chaumières.

Le poète panégyriste ajoute qu'on voyait dans les deux camps plusieurs évêques qui avaient échangé la mitre et la crosse pastorales pour des casques et des armes meurtrières. La muse discrète du chantre de cette vieille querelle, tait le nom de ces belliqueux prélats , par respect pour leur caractère sacré d' évêques.

Les annales de Spoletti ont recueilli (1) avec orgueil les détails de cette lutte fameuse qui eut sa journée de Pharsaie et son Lucain anonyme pour en transmettre à la postérité les poétiques souvenirs.

Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de la Trebbia au territoire de Plaisance (2) ; le choc fut terrible.

(1) Campelli, Storia di Spoletti, liv. xix. 2) Mubatori, Ann. d'it., T. V, p. 173,

(( Il se fit un si effroyable carnage, dit Rhé- » ginon , tant de sang humain y fut répandu , » que, selon la parole de Dieu (1), le royaume, » déchiré par ses discordes intestines, subit » presque la calamité de la désolation. »

Tanta strages ex utrâque parte post modum facta est; tantusque humanus sanguis effusus, ut juxtà Domini vocem , regnum in seipsum divisum, desolationis miseriam pœnè incurreril (2) .

La victoire, rendue long-temps incertaine par la bravoure et l'acharnement de l'un et l'autre parti , se décide enfin , cette fois , en faveur du duc de Spoletti. Bérenger vaincu , se retire à Vérone avec les débris de son armée. Guy, mettant à profit son triomphe , court à Pavie , y réunit une diète qui, déclarant n'avoir élu Bérenger pour roi de Lombardie , que contrainte par la force et trompée par les plus odieuses intrigues (3), confère la couronne au magnanime vainqueur de l'ennemi commun... Vœ victis , est une maxime à l'usage de tous les peuples et de tous les temps !

(1) Regnum in se divisum desolahitnr,

(2) Rhegin. , in Chronic.

(3) Cet acte d'élection est rapporté dans le recueil publié par Muratori sous le titre de Reritm italicmiim, T. ti, page 1,

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