CHAPITRE PREMIER
Les papes Marin Ier, Adrien III et Etienne V.— Mort dePhotius» — Guy empereur. — Le pape Formose. — Lambert est associé à l'empire. — Arnolphe prend le parti de Bérenger. — Guy soutient la lutte. — Nouvelle prise d'armes. — Siège et défense de Bergame. — Arnolphe, roi de Lombardie. — Il y laisse Bérenger avec le titre de roi.— Mort de Guy. — Humeur changeante des Lombards. — Collisions entre Lambert et Bérenger. — Arnolphe revient en Italie. — Il poursuit Lambert et Agiltrude, sa mère, à Rome. — Stratagème d' Agiltrude.— Arnolphe sacré empereur par le pape. — Il retourne en Germanie. — Partage de la Lombardie entre Lambert et Bérenger.— Siège et prise de Milan par Lambert. — Supplice de Maginfredo. — Récit du vieux Landolphe. — Vision de Lambert.
— De 891 à mi. —
Au milieu de tous ces conflits d'ambition , Rome était presque toujours restée livrée à ellemême. Le rapide passage de Marin Ier sur le siège pontifical , avait été marqué par une désapprobation solennelle des actes de son prédécesseur, relativement aux affaires d'Orient. Ce pape avait repoussé Photius de la communion de l'Église. Après moins de deux ans de pontificat ? la mort de Marin laissa vacant le trône
de saint Pierre, auquel nous avons vu ( 884) appeler Adrien III.
Le nouveau pontife ; malgré les instances et les menaces de l'empereur Basile, protesta, comme son prédécesseur, contre le rétablissement du schismatique patriarche de Constantinople. Son règne fut de peu de durée, mais assez long pour le rendre témoin des horribles excès commis par les Sarrasins, qu'encourageaient les tristes dissensions des princes de la chrétienté. Adrien eut la douleur de voir toute Tltalie méridionale ravagée, les moines de Saint-Vincent et du Vulturne massacrés, et leurs couvens livrés au pillage aussi bien que la célèbre abbaye du Mont-Càssin.
Nous avons vu Guy, quand il n'était encore que duc de Spoletti, d'abord ajouter à ces désastres par ses propres excès ; puis , changeant de politique, chercher à en arrêter le cours en prêtant un tardif appui au pape Adrien. On croit que toutes ces vicissitudes hâtèrent la mort de ce pontife , qui eut pour successeur Etienne V.
La mort de Basile ayant appelé au trône d'Orient son fils Léon- le-Philosop lie , ce pape eut le bonheur, en compensation de tous les maux soufferts depuis long-temps par l'Église, de voir Photius ignominieusement expulsé du siège de