‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 73 sur 228 · LIVRE IL — CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE 1er

nisateur de l'anarchie. L'année suivante (1) vit se former et éclater de nouveaux orages.

Nous approchons du moment où les paroles qui suivent trouvent leur application. « Les Ita- » liens, » dit l'abbé Millot (2), « n'étaient jamais » contens de leurs rois , et le changement ag- » gravait toujours leurs infortunes. On appelait » les étrangers en Italie ; on cherchait en quel- » que sorte le joug pour se délivrer des oppres- » seurs; on se repentait, on ne voulait point » obéir, et l'on faisait des rois au hasard. Les » révolutions sont d'ordinaire les fruits de la » discorde. L'Italie, à cette époque, était un » des pays les plus malheureux de l'Europe. »

Liuthprand donne à ce goût funeste de changement un but raisonné. « Il entrait , » dit cet écrivain (3), « dans la politique des seigneurs » d'Italie, à cette époque, d'avoir toujours deux » maîtres , pour les comprimer tous les deux , » l'un par la peur de l'autre , et sans doute pour » n'obéir à aucun.» Etrange calcul, qui ne pouvait être et ne fut qu'une cause incessante de troubles et de ruine pour la Lombardie.

Un parti opposé à Bérenger, profitant d'une

(2) Hist . mod. , IIIe époq. , chap. Ier.

(3) Liuthprand, lib. rr, cap. x.

absence momentanée de ce prince, se réunit tout à coup à Pavie ; les conjurés se forment en diète, y appellent le jeune empereur Lambert, remarquable par son élégance et sa beauté, comme le dit Liuthprand (1), mais peu fait encore aux travaux de la guerre , et le proclament roi de Lombardie. Bérenger apprend à Vérone cette déclaration hostile de la prétendue diète de Pavie , et se dispose aussitôt à combattre son jeune rival. Maginfredo , comte de Milan, sommé le premier par Lambert de le reconnaître comme son empereur et roi , s'y refuse , et maltraite , par des excursions sur leurs territoires, les villes qui se sont déclarées pour le fils de Guy.

Chose déplorable ! Le comte de Milan prenait les armes pour Bérenger ou Arnolphe, et l'archevêque de cette même cité, Anselmo, avait présidé la diète et proclamé roi d'Italie le jeune Lambert... (2) Que de désordres n'entraînent

(1) Sed quia Italienses , geminis ati Dominis volunt, quatenus alterum atterius terrore coercant, JVidonis régis defuncti, filium nomine Lambertum , elegantem juvenem adhuc, cphœbum minusque bellicosum regem, constiluunt. ( Liuthp. , Ibid. )

(2) Ce même Anselmo avait couronné Bérenger sept ans auparavant. ( Puffendorff, Hist. univ., ï '. n. Rois italiens. )

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