‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 75 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE Ier

donner l'assaut et enlèvent la place de vive force.

Liuthprand donne une singulière et ridicule cause à cette détermination vigoureuse ou plutôt à ce grand résultat.

Cet écrivain raconte qu'un lièvre étant parti du milieu des rangs des Germains fut poursuivi par plusieurs soldats; que ce mouvement ébranla toute l'armée, et qu'on courut dans la direction des remparts avec de si grandes clameurs , que les Romains épouvantés mirent bas les armes. La ville fut prise , et Agiltrude eut à peine le temps de se retirer avec son fils dans le duché de Spoletti.... Jadis des oies sauvèrent Rome : cette fois , selon le dire de Liuthprand , un lièvre aurait livré à l'ennemi les murs de la ville éternelle.

Arnolphe est reçu triomphalement dans Rome (1). Le pape Formose qui, il y a à peine quatre ans , a sacré le fils de Guy comme empereur, pose la couronne impériale sur la tête d'Arnolphe à qui le peuple romain prête serment de fidélité , sauf la foi due au pape Formose !

Ce prince se hâte , après son couronnement , de quitter Rome pour aller assiéger Lambert et

(1) Muratori, armo 896.

son intrépide mère dans Fermo , leur dernier refuge.

Agiltrude , voyant que toute résistance par la force serait vaine , se décide à employer l'artifice. Elle gagne un homme de la suite d'Arnolphe et le charge de donner un breuvage léthargique au prince ; l'effet de ce breuvage est tel qu'Arnolphe reste assoupi trois jours sans se réveiller; l'alarme que cet accident cause à l'armée, donne le temps à Lambert et à sa mère de quitter Fermo.

Le jeune empereur retourne en toute hâte à Pavie dont ses partisans lui ouvrent les portes. Son premier acte de souveraineté est un décret qui confère à sa mère , en reconnaissance de ses courageux efforts , le château de Coirana et ses dépendances dans le pays de Tortone (1).

Arnolphe , trompé dans ses espérances , lève le siège de Fermo et dirige sa marche sur Pavie; mais il ressent en route les premières atteintes d'une maladie grave à laquelle n'est peut-être pas étranger le perfide breuvage d'Agiltrude. Ces souffrances, jointes à la nouvelle que le Nord s'est encore révolté, lui font reprendre en grande hâte le chemin de la Germanie, et il

(1) Giulini, Hb. vin, même année.

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