CHAPITRE II
La France peut, moins que jamais, s'occuper de l'Italie. —La Lombardie sous Lambert et Bérenger. — Scandales à Rome. — Schisme de Sergius et intervention de Lambert. — Mort de ce prince. — Bérenger seul roi de Lombardie. — Les Hongrois. — Bérenger les défait sur les bords de YAdda. — Il est battu près de la Brenta. — Conjuration contre Bérenger. — Louis, de Provence, proclamé roi de Lombardie et empereur. — Trames contre Louis. — Guerre entre ce prince et Bérenger. — Alternative de succès et de revers. — Stratagème de Bérenger. — Il se rend maître de Louis. — Sa vengeance. — Nouveaux embarras pour Bérenger. — Réapparition des Maures. — Coup d'œil sur le siècle écoulé.
— De 897 à 900. —
L'hérédité de la couronne dans la famille des carlovingiens i par ordre de primogéniture, n'était pas dans la lettre expresse de la loi ; mais la loi naturelle, mais les coutumes souvent plus fortes que la loi écrite , avaient consacré ce principe d'hérédité légitime.
L'avènement de Charles-le-Gros , au préjudice du troisième fils de Louis-le-Bègue , fut une usurpation qu'on voulut vainement colorer par les nécessités du temps et la trop grande jeunesse de Gharles-le-Simple.
Nous avons vu Charles-le-Gros expier dans l'exil y dans l'abandon et le mépris des peuples.
la facile victoire du fait contre les droits d'un enfant.
Nous avons vu Eudes lui succéder dans la royauté de France; mais, tout actif , tout redoutable que se soit montré ce prince guerrier dans ses luttes contre les Normands , Eudes , qui a terrassé l'étranger et sauvé Paris, est à son tour vaincu par cet élan d'enthousiasme qu'inspire quelquefois à un peuple l'honneur de replacer sur le trône un rejeton de la tige de ses rois.
Les mêmes seigneurs qui , après la mort de Carloman, fils de Louis-le-Bègue , avaient exclu Charles-le-Simple , frère du dernier roi , pour livrer la couronne de France à Charles de Suabe , dégoûtés des princes germains par l'épreuve de ce triste règne, et effrayés du morcellement et du désordre toujours croissant de l'État, se prirent à invoquer la légitimité du troisième fils de Louis-le-Bègue. Ils l'invoquèrent, cette légitimité , tant comme un abri tutélaire contre toutes ces ambitions subalternes et rivales qui se croisaient, se heurtaient et menaçaient de tout détruire dans leur choc impétueux, que pour opposer aussi aux nouvelles prétentions des rois de Germanie, la force d'un droit qui , bien entendu et bien appliqué , eût