‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 86 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

A une autre époque, nous avons vu de ces sortes d'injonctions et de menaces; ceux qui portaient alors le titre d'empereur étaient autrement puissans et redoutables que le fils de Guy ; leurs menaces empêchèrent rarement les abus qu'elles avaient pour but de réprimer ; en sorte que , moins que jamais , on dut appréhender de s'attirer le courroux impérial alors que le trop peu redoutable Lambert portait le titre d'empereur.

Le jeune monarque se hâta de reprendre , après le concile, le chemin de sa villa de Marengo, pour se livrer aux plaisirs de la chasse, sa passion dominante. Il ne croyait pas, le malheureux prince , courir à la mort , à une mort misérable et prématurée.

Nous avons vu que , lors de la réduction de Milan par Lambert, Maginfredo avait subi le dernier supplice, et que l'on avait crevé les yeux à un fils et au gendre de ce comte. Maginfredo avait un autre fils que le vieux Landolphe appelle Azzone , mais à qui Giulini et Verry, d'après Liuthprand, donnent le nom d'Ugone ou Hugues. C'était un enfant : sa grande jeunesse intéressa Lambert, qui l'épargna, l'attacha à sa personne , et finit par l'affectionner au point de le vouloir constamment à ses côtés,

et de lui donner, en dépit de l'envie, la charge de comte de Milan qu'avait occupée son père (1).

Un jour, dans une partie de chasse, le corps du jeune empereur fut trouvé gisant par terre et sans vie au fond d'une épaisse foret.

On ne sut alors et l'on ne sait pas encore d'une manière précise ce qui occasionna cette mort inattendue. Lambert n'avait auprès de lui, dans ce moment, que Hugues, le fils de Maginfredo , le fils de son ancienne victime !

Hugues raconta que l'empereur, courant de toute la rapidité de son cheval contre une bête fauve , était tombé, s'était brisé le cou, et qu'il avait trouvé la mort dans cette chute.

On crut , dans le premier moment, à l'exactitude de ce récit ; mais Liuthprand affirme que le jeune Hugues, exempt plus tard de toute crainte, et peut-être pour acquérir des droits aux faveurs de Bérenger qui, au bruit de la mort de Lambert, s'était rendu à Pavie et s'y était fait proclamer roi de toute la Lombardie , donna à Bérenger lui-même d'autres détails sur cet événement.

Voici ce que Liuthprand et d'autres auteurs après lui, racontent à ce sujet (2).

(1) Liuthp., lib. Ier, cap. xxil— Giulini, T. ri; 1. ix.

— VERRY, T. Ier, p. 11^1. — MURATORI, T. V, p. 211,

anno 898. — Chron. noyai. ,, Part, u, T. u. Ber. itat.

(2) Verry, T. rr, p. 11&

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