LIVRE II. — CHAPITRE
gués fomentèrent bientôt une formidable insurrection contre le jeune empereur.
Adalbert II et Sigefredo , comte du palais et de Milan , que nous venons de voir tous deux parmi les principaux fauteurs de la révolte contre Bérenger, se proclament les chefs de la réaction nouvelle.
La Lombardie est bientôt en feu ; l'ancien rival de Guy et de Lambert , rappelé par un parti puissant , se montre en face de l'ennemi qui, une première fois déjà, l'a dépossédé (1).
Louis avait fait venir en grande hâte des renforts de Bourgogne et de Provence ; la lutte s'engage , vive i sanglante \ acharnée ; elle étend ses dévastations sur les belles contrées lombardes. Partout retentissent des cris de guerre ; partout brillent le fer des combattans et les flammes de l'incendie ; on prend et on reprend des places ; on dispute pied à pied le terrain des champs de bataille ; chaque parti a ses alternatives de triomphes et de revers.
Mais tous les périls du fils de Boson ne sont pas dans la bravoure des soldats de Bérenger ; certes de tous temps les guerriers de Bourgogne et de Provence furent de taille à se me-
(1) YlutUTORi, Ann. d'haï, . an». 903,
surer avec les peuples les plus intrépides de la terre ; mais Berthe , par de sourdes intrigues plus difficiles à combattre que des cohortes bardées de fer ; Berthe , l'âme et le foyer de cette collision sanglante , a soufflé l'esprit de défection dans les rangs impériaux. L'armée de Bérenger se grossit de tout ce qui déserte le camp de Louis. Béduit à ce que le fer des combats a épargné de ses braves Bourguignons et Provençaux , abandonné de ses partisans d'Italie, le fils de Boson est à la veille de tomber aux mains de son rival ; mais Bérenger le laisse librement repasser les Alpes , après toutefois avoir exigé de lui le serment de ne plus retourner dans la Péninsule (1).
Besté seul maître de la Lombardie, avec l'assentiment de la cour de Trêves qui, du reste pour le moment , eût été peu en mesure de lui en disputer la possession, Bérenger cherche à réparer les maux de la guerre dans ses États. Son cœur généreux couvre du voile de l'oubli tous les torts de ceux qui causèrent ses disgrâces ; sa sage administration ramène l'union et le calme parmi ses sujets. Un moment la Lombardie respire; mais l'horizon, à peine éclairci,
(1) Muratori, Ami. d'il,, T. v, p. Tlk cl suiv.