‹ Histoire de la conquête de la Lombardi (volume 2)Chapitre 94 sur 228 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

se charge de nouveaux nuages ; Bérenger , au milieu de ses travaux de restauration sociale , est atteint par une grave maladie (1). Louis de Provence i à cette nouvelle , oublie le serment qui, Tannée précédente , a désarmé le ressentiment de son vainqueur ; il rassemble en toute hâte des troupes nombreuses qu'il conduit au delà des Alpes ; il s'empare de Pavie , que Béranger , miné par la souffrance , n'a pu lui disputer , et il marche sur Vérone où s'est réfugié son rival. La trahison lui ouvre les portes de cette place ; Bérenger n'a que le temps de fuir, et va cacher sa tête mise à prix , dans une retraite ignorée qui échappe à toutes les recherches de son ardent compétiteur.

Le jeune empereur se félicitait du succès de son parjure et se reposait de ses fatigues , quand le bruit de la mort de son rival vint compléter la sécurité que lui avait donnée son facile triomphe ; ce bruit n'était qu'une ruse de Bérenger et de ses partisans.

Louis se croyant enfin , par cet événement , maître absolu et sans compétiteur du royaume de Lombardie , dissémine ses troupes , prolonge son séjour à Vérone et y vit quelque temps dans une parfaite confiance. Mais l'ennemi veille dans

(1) Muratori, ibid.j, ann. 904.

la cité et hors de ses remparts. Une nuit, tandis que tout dort paisible au palais impérial , Adélard (1), évêque de Vérone, agent secret de Bérenger, introduit secrètement ce prince dans la place avec quelques soldats dévoués.

L'alarme est bientôt donnée au jeune empereur ; mais ses troupes dispersées ne sont plus à temps de lui porter secours. On assiège son palais ; quelques gentilshommes fidèles , ayant à leur tête Romorand d'Ulel (2) , capitaine des gardes du Roi, se font tuer en cherchant à protéger la fuite de leur maître qui , pressé par le péril , court se réfugier dans une église ; Bérènger l'y atteint, lui reproche son parjure, lui fait grâce de la vie ; mais moins indulgent cette fois que lors de la première disgrâce de son rival , il lui fait crever les yeux avant de le renvoyer, et exige de lui une renonciation formelle à la couronne lombarde (3).

(1) Muratori, Ann. d'itàl., T. y* pag. 224 et 232, ann. 905. *

(2) Romorand d'Utel était de Nice. M. S. délie cose di Nizza, bib. ardiss. , cité dans l'histoire de Nice.

(3) Gillini. — Muratori, T. v, ibid.

* Nous adoptons, pour lesecondreiour et la mésaventure de Louis, les dates de Muratori qui prouve que Liuthprand est dans l'erreur en rapportant cet événement à 902. [/opinion de Muratori, on ne peut mieux motivée , s'accorde avec celle de V Annaliste saxon, de Mari anus Scotus, de Fiamma ** et d'autres chroniqueurs accrédités. Louis dut rentrer en Italie vers la fin de l'année 904, et en sorti! aveugle dans lé courant de l'année suivante.

** Flamma, In maniput. — Fi,ob.,T. xi, lier., ital.

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