CHAPITRE III
Etal de la France h la mort d'Eudes. — Alphonse 1 II en Espagne.
— Alfred-le-Grand en Angleterre. — Le pape Sergius. — Marosie. — Jean X. — Théodora. — Nouvelles excursions de barbares. —L'Italie se couvre toujours de plus en plus de forteresses.— Le prince de Bénévent combat les Maures. — Il demande le secours de Léon, empereur d'Orient. — Jean X implore aussi l'aide de Bérenger. — Le roi de Lombardie se rend à Rome et y est proclamé empereur, —il assiège les Maures dans leurs retraites. — Attaque désespérée des barbares.— Complète victoire de Bérenger.— Berthe et son fils Guy, prisonniers de Bérenger.
— Noble fermeté de Berthe.— Leur délivrance. —Jugement de Liuthprand sur Berthe contredit par Muratori.
— De 900 à 919. —
Eudes en rendant au fils de Louis-lc-Bègue le trône de ses pères , s'était , comme nous l'avons vu , fait une .large part.
À la mort d'Eudes (898), l'Aquitaine , la Neustrie et une partie de la Bourgogne avaient reconnu Charles pour leur roi : honneur qui, sous ce faible monarque, se réduisit en un stérile hommage de la part de quelques grands devenus dans leurs gouvernemens ou royautés héréditaires , plus maîtres que celui qui s'appelait roi de France.
Tandis que la race de Chàrlemagne donnait le triste spectacle d'une puissance qui s'écroule
et d'une famille dégénérée qui s'éteint, Alphonse III dans la Péninsule hispanique, et Alfred en Angleterre , réhabilitaient l'honneur des rois , et conquéraient tous les deux , par un long et glorieux règne , le surnom de Grand, sanctionné depuis pour l'un comme pour l'autre par la postérité.
Pourquoi faut-il qu'Alphonse III , après quarante-six ans d'un règne de sagesse et de lumières, ait imité (910) le pernicieux exemple donné par Charlemagne en partageant ses États entre ses deux fils ! Précédent suivi par ses successeurs et qui devint funeste à l'Espagne.
La même année qui vit mourir le pape Jean IX (1), fut marquée pour l'Angleterre par la mort d'Alfred-le-Grand. Rome perdit en lui un ami zélé autant que généreux et magnifique. Alfred mourut assez tôt pour n'être pas témoin des tristes scandales jetés au monde du haut du trône pontifical : spectacle honteux qui peutêtre eût altéré, sinon la foi religieuse, du moins le respectueux dévouement de ce grand prince pour les souverains pontifes. Toutefois il est à remarquer que , durant cette longue période de désordre et de confusion où des fronts déshono-
(1) En 900.