‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 133 sur 246 · LIVRE II. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III

Tout homme libre devait accourir au premier appel du comte et se ranger sous ses drapeaux. Le souverain désignait un point de rassemblement où les comtes, à la tête des hommes libres et de leurs propres vassaux , et les seigneurs aussi , suivis de leurs fidèles, allaient le rejoindre : l'empereur ou roi s'y rendait à la tête desesleudes.

Il y avait deux sortes de service militaire :

La guerre au delà des frontières, et la défense de l'intérieur du pays.

L'exemption en Lombardie (1) était accordée à ceux qui ne possédaient pas la valeur de dix sols d'or. Tout individu qui possédait plus que cette somme, devait marcher, en cas de guerre à l'extérieur ; celui qui n'avait que cette somme et rien de plus , était préposé à la garde du pays.

On voit que les rois francs n'armaient, soit pour le service militaire dans leurs excursions en pays ennemi , soit pour défendre le sol lombard, que des hommes leur offrant quelque garantie ; ils semblaient même ne conduire avec eux que ceux qui, possédant le plus, leur étaient des otages pour la fidélité du royaume pendant leur absence.

(1) Voirl'édit remarquable de l'empereur Louis II, rapporté dans Baliaius ( Cap., Reg. Franc. , T. il , pag. 359 ) , et dans Peregrnnus ( Hist. princip. Longob. , Rer. itai . T. il , part. n).

Un père qui avait plusieurs enfans ne pouvait en garder qu'un seul auprès de lui , le moins utile à la chose publique.

Sur trois frères, deux devaient marcher; celui dont on devait attendre le moins de services était exempté.

Les comtes, les gastaldi, quand ils ne marchaient pas, ne pouvaient retenir auprès d'eux, pour leur service personnel , que trois hommes propres à la guerre : un pour eux , deux pour leur femme.

Les abbés et les abbesses étaient tenus d'envoyer tous leurs vassaux. Il n'est pas parlé, dans Tédit de Louis II, des évêques qui, pour la plupart à cette époque , et malgré la défense expresse que leur en avaient faite les rois , les papes et les conciles, allaient, à la tête de leurs vassaux , rejoindre les souverains et se montraient dans la mêlée des batailles.

Des peines rigoureuses étaient portées contre les individus qui , par fraude et n'ayant pas à faire valoir quelques cas de dispense prévus par les lois, cherchaient à s'exempter du service de guerre (1). Il n'y avait, hors des cas de dis-

(1) Personne, en dehors de ce service, ne pouvait porter dans l'intérieur du royaume, ni arme, ni bouclier, ni lance. Il était expressément défendu d'avoir des armes sur

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