‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 142 sur 246 · LIVRE II. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE IV

tori , c< que les professeurs de ces écoles n'énsei- » gnaient que la grammaire , dénomination qui » du reste avait une acception assez large , et » qui comprenait l'étude de la langue latine , » l'explication des anciens auteurs et poètes » latins , quelque teinture des Saintes-Écritures, » un peu de calcul et d'astronomie (1). »

Plusieurs branches des sciences exactes étaient tombées dans le plus complet état d'abandon et d'oubli.

On n'avait plus en Europe , à cette époque , la moindre notion de Y algèbre ; les œuvres de Diophante, d'Archimède, d'Apollonius, n'y de-

(1) JVIuratori , Ann. d'ItaL, T. iv , pages 479 et 480.

On lit , dans l'Hist. de la Législation , par M. Guizot :

« Quelquefois on repoussait les sciences profanes quel » qu'en pût être l'objet. A la fin du VIe siècle, saint Dizier, » évêque de Vienne , enseignait la grammaire dans son école » cathédrale. Saint Grégoire-le-Grand l'en blâme vivement. « // ne faut pas 9 lui écrit-il, qu'une bouche consacrée » aux louanges de Dieu s'ouvre pour celles de Jupiter. » » Je ne sais trop, ajoute M. Guizot, ce que les louanges » de Dieu ou de Jupiter pouvaient avoir à démêler avec la » grammaire. »

L'observation de Muratori , si elle avait été connue du savant professeur, l'eût peut-être aidé à résoudre cette question. Cette interprétation du mot grammaire, rapprochée de la réprobation dont cette science est l'objet de la part de Grégoire-le-Grand, nous paraît un argument de plus en faveur de l'opinion émise par M. Guizot, sur l'abandon et même la proscription des sciences profanes au VT siècle. Sans cette signification , le blâme porté par le pontife serait un nonsens , pour ne rien dire de plus.

vaient être reproduites et commentées que deux siècles après.

L'architecture , le dessin , la peinture ? privés des hardiesses , des formes et de l'élégance de l'antiquité , étaient condamnés à végéter quelque temps encore, avant de rallumer leur flambeau éteint dans ces belles contrées où devaient briller d'un si grand éclat les noms du Giotto, de Perugin 9 de Michel-Ange, de Palladio et de Uaphaël.

On a cru généralement que le genre d'architecture et de dessin qui a reçu le nom de gothique, datait de la domination des Goths; mais il est démontré aujourd'hui que cette dénomination de gothique est impropre, qu'elle implique un anachronisme dans la nomenclature des arts ; ce ne fut qu'après l'apparition des Arabes dans le monde occidental , et sous leur domination , que ce genre importé d'Orient prit naissance et se développa en Europe, d'abord en Espagne, puis dans quelques contrées méridionales de la France, plus tard en Italie.

On pense que c'est de ce moment rapide de renaissance dans les arts, opérée par Charlemagne, que date la forme actuelle des nefs de là vieille basilique de Saint-Ambroise à Milan, Hissi bien que le beau cloître qui précède IV

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