‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 143 sur 246 · LIVRE il. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE il. — CHAPITRE IV

glise , et qui lui forme un vestibule si parfaitement en rapport avec le style du monument (1). La médecine , la chirurgie , étaient négligées, ou plutôt complètement abandonnées à des étrangers vagabonds ; le sortilège était, dans les maladies, plus souvent invoqué que l'expérience et le savoir. La plupart des rois , comme nous le verrons , étaient réduits à s'entourer de médecins venus des Indes et de l'Arabie.

À l'époque de la conquête de la Lombardie par les Francs , la langue latine commençait à s'altérer. Les écrits de ces temps reculés, remplis de barbarismes et de fautes grossières, portent \ dit Giulini , les premiers indices de la transformation graduelle et successive de la langue latine en langue italienne (2). Cet écrivain pense que la corruption du latin a donné naissance, en même temps, à deux idiomes dans chaque province d'Italie. L'un, parlé par le peuple , aurait pris une âpreté d'expression

(1) Caractère général des arts dans la Lombardie , Revue BRITANNIQUE, T. xvnr , IVe série, année 1838.

(2) Dans un concile de Tours , tenu en 813 , pour le rétablissement de la discipline , on avertit les évêques de faire en sorte que chaque prêtre eût par devers lui les Homélies des Pères, traduites en langue romane rustique, ce qui donnerait lieu de penser que le latin avait aussi cessé en France d'être la langue vulgaire.

toujours croissante ; ce serait le langage grossier, multiforme , particulier à chaque contrée et que l'on appelle patois.

L'autre , employé dans les écrits des poètes et des prosateurs i serait devenu cette langue harmonieuse et douce dont s'enorgueillit l'Italie (1).

D'après le comte Verry, la langue latine était encore la langue écrite en Lombardie , lors de l'invasion des Francs ; mais déjà , depuis longtemps , on y parlait habituellement (2) un patois qui différait peu du dialecte milanais de nos jours. Verry voit, dans ce dialecte , une émanation j non de la langue latine, mais de la langue des Gaulois, les premiers fondateurs de Milan.

Cet historien fait observer que les Milanais prononcent encore , dans leur idiome , les voyelles u et eu comme les Français , et que le patois milanais a plus de rapport avec celui des provinces méridionales de France qu'avec le dialecte des autres États italiens. Les Espagnols , qui , dans les derniers siècles , occupèrent aussi Milan, ont à peine laissé , dit toujours le comte Verry, trois ou quatre mots qui rappellent leur domination; et quoique les Lombards ayeal

(1) Giuliini , I. r, pages 84,85, 109 et 110.

(2) Comte Vebri , T. i" , pages l.Vi et Mitantes.

Page 1