LIVRE III. CHAPITRE II
pecl pour la dignité ecclésiastique : propter rêverentiam et honorent ecclesiariim.
« Tu agis ? » dit alors le roi , « comme si tu » étais saint Ambroise. »
— » Je ne suis pas saint Ambroise , » répondit Angilberto, « et tu n'es pas Dieu, le Seigneur. » Non ego sanetus Ambrosius, née tu Dominus Dens. Lothaire resta un moment interdit et sans réplique à cette réponse hardie du prélat.
L'orgueilleuse attitude , les paroles austères d'Angilberto, en présence d'un prince aussi hautain que violent , auraient lieu de surprendre , et ont besoin d'être expliquées par une courte digression.
Depuis long-temps, les archevêques de Milan étaient comptés parmi les plus puissans prélats de la chrétienté. Ils présidaient la diète (1)
(1) Tout porte à croire que cette célèbre diète tenait ses séances dans le chœur de la basilique de Saint-Ambroise , à Milan.
On n'est point fixé sur le nombre exact des suffragans dont elle se composait. * Il est à présumer qu'on en coinp-
* La partie du territoire occupée par les suffragans de l'évêque de Milan, dit Muratori, * s'appelait Liguria ;
Celle appelée par les suffragans de l'archevêque de Ravenne , Kmilia ;
Le reste de l'Italie, savoir : les évêchés de Toscane, de Spoletti et d'autres cités italiennes, s'appelait Hespêria.
Les Lombards divisaient aussi en deux grandes portions les provinces soumises à leur puissance.
La partie orientale du la Lombardie composée de la Vènitie et du Frioul s'appelait Austria, et la partie occidentale, Neustbia.
1 Muratori, Annal, (Citai., annolWx, T. iv, p. 300.
qui se composait des évoques et des grands du royaume : cette prérogative avait été la principale origine de leur influence, qui allait toujours s'agrandissant à mesure que la diète devenait elle-même plus puissante; elle le devint au point de s'arroger souvent parla suite, à la mort d'un
tait plus de vingt-quatre. On cite notamment les évêques de Vercelli, Novara, Lodi , Tortona , Asti, Turin, Aosta , Acqui, Gênes, Brescia, Bergame, Crémone, Vintimille, Savone , Albenga , Pavie , Plaisance , Cômo , Coire , Ivrée , Alba.*
On sait que la juridiction ecclésiastique était basée sur la circonscription administrative et politique ; te grand nombre des suffragansde la métropole de Milan sert d'argument à plusieurs écrivains milanais , pour établir que Milan , dès le ive siècle , dut être une ville d'une haute importance, et que sa décadence, comme première ville de l'Italie septentrionale , ne fut qu'accidentelle et momentanée.
Nous avons dit qu'en Lombardie les évêques étaient élus par le clergé de leur cité et le peuple , sauf quelques exceptions rares qui ne furent que des abus de l'autorité des rois. Ces excès de pouvoir donnèrent lieu à de constantes plaintes qui ne firent que mieux établir la règle et qui amenèrent la décision du concile de 869.
A Milan , les premiers ecclésiastiques qui concouraient à l'élection de l'archevêque s'appelaient les cardinaux de la sainte église de Milan.
« L'évêque suflragant , dit le comte Verry, dépendait du
métropolitain de qui il avait reçu l'ordination. Le métro- » politain était consacré par ses évêques suflragans. Le pape » n'avaii d'autre droit, dans ces élections, que d'autoriser -> l'ordination de l'élu; droil que le clergé milanais sul éluder bientôt, en n'attendant même plus, pour cette con- * sériai ion , la permission du Saint Sié^e.
* Comte Verry. Storia di Wilano, l i \ p, 7»>.