‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 169 sur 246 · LIVRE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITRE II

Nous pourrions sans doute trouver une cause encore à cette attitude pacifique , dans la précaution prise par les rois francs , de conduire à la guerre l'élite des populations vaincues, et de s'assurer ainsi , pendant leur absence , de la fidélité ou du moins de la soumission de ces contrées. Or, en cette occasion, Lothaire ne s'était pas fait faute d'une telle garantie, tant par ce motif de prudence , que pour plus sûrement arriver à ses fins parricides par le déploiement d'une force armée imposante.

Enfin , nous répéterons que, dans ce moment suprême , le coup porté au cœur de l'empire , engourdissait , paralysait les forces vitales des diverses parties de ce vaste corps. Partout on attendait avec stupeur l'issue du grand drame de Compiègne et de Soissons.... Souvent une attente mêlée de trop d'anxiété suspend toutes les facultés de l'homme , tout jusqu'au sentiment de son être ; il en est de même pour les peuples.

Selon quelques auteurs, Lothaire, à peine de retour en Lombardie, se serait hâté de renvoyer à son père l'impératrice Judith, retenue, par ses ordres , prisonnière à Tortone. D'autres histotiens racontent au contraire, qu'à la nouvelle de la restauration de Louis , Rataldo , évêque de

Vérone, et quelques autres seigneurs, envoyèrent à Tortone des agens sûrs et adroits qui parvinrent à délivrer Judith et à la ramener en France avant même que Lothaire fût de retour en Lombardie.

Le jeune prince, abattu par les revers , montra le plus grand repentir de sa faute qu'il rejeta sur de coupables conseillers , dont quelques uns furent envoyés en exil et d'autres punis de mort. Il fut plus rigoureux pour ses complices que Louis ne l'avait été pour ses oppresseurs et ses geôliers.

Mais voici venir l'historien Andréa , avec un de ces récits des anciens temps qu'il est toujours bon de recueillir au passage pour mieux apprécier ce passé si loin de nous.

Andréa raconte que le jeune roi de Lombardie , croyant avoir surtout à se plaindre des conseils d' Angilberto , archevêque de Milan, mais n'osant sévir avec violence contre ce puissant prélat , lui envoya quelques illustres personnages de sa cour, avec la promesse du pardon, et l'ordre de comparaître devant lui.

Angilberto, se trouvant en présence de Lothaire , le salua avec quelques paroles de respect et en inclinant la tête. Lothaire voulait qu'il posât un genou à terre; mais, ajoute le prêtre Andréa , Angilberto s'y refusa par res-

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