‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 186 sur 246 · LIVKE III. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVKE III. CHAPITRE III

puis quelque temps , acquis une non moins grande importance , et nourrissaient un espoir égal de secouer l'autorité des descendans de Charlemagne.

A cette époque Radelchis(l) était duc de Bénévent; Salerne avait pour duc Sigenidfe (2). Tous les deux étaient animés , Tun contre l'autre , d'une haine implacable, et se faisaient , depuis quelque temps , une guerre acharnée. Lothaire, s'il eût été moins préoccupé de ses propres querelles en deçà des Alpes , et moins affaibli par ses revers, aurait pu profiter de cette lutte pour combattre séparément les deux ducs rivaux , les réduire et s'assurer de leur complète soumission. Eh bien! cet empereur d'Occident, ce roi d'Italie, ce petit-fils de Charlemagne, ne fut pas même appelé , comme arbitre , pour terminer ce différend élevé dans son empire. Ra~ delchis et Sigenulfe , après avoir épuisé toutes les ressources que le plus aveugle ressentiment pouvait tirer de leur propre puissance, tous les deux à la tête d'un parti également décimé et affaibli , tous les deux animés d'une égale fu-

(1) Ou Radelgise , el Radelyario , selon Muralori.

(2) Selon quelques historiens , entre autres (Uuratori , Siconulfe: ce prince tenait, sous sa loi, Salcme, Capouc, Aggerenza , Conza et Amalfi.

reur, eurent en même temps la pensée fatale , pour l'Italie entière , d'appeler les Sarrasins à leur aide , plutôt que de recourir au souverain arbitrage d'un prince qu'ils méprisaient comme homme, et dont l'un et l'autre se plaisaient à braver l'autorité comme souverain. Radelchis s'adresse aux mahométans d'Afrique ; Sigenulfe à ceux d'Espagne. Abderame envoie à ce dernier un corps de troupes considérable. Radelchis et ses auxiliaires , après de vaillans efforts et quelques succès balancés dans divers combats , sont complètement défaits sur un terrain marqué par un grand échec de la vieille Rome, et qu'a rendu à jamais célèbre l'affront des fourches caudines (1). Le duc de Rénévent perd dans cette sanglante lutte l'élite de son armée, une grande étendue de pays et bon nombre de places fortes. Le général , chargé par Abderame de la conduite de cette expédition , se nommait Alphonse (2) ; d'où il y a lieu de croire, observe Ferreras , que c'était quelque seigneur chrétien qui vivait dans les états du roi deCordouc. Ainsi, des princes chrétiens appelèrent, et un général chrétien conduisit en Italie ces hordes de ma

(1) MURATOR] , Ann. d'Ital, , T. v , pag. 8, an. 843.

(2) Uist. de L'anonyme m<; Ca/jin , imprimée par Pelli ^'tm et cité par Ferreras, Hùî. (/mer. d'Èsp.

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