‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 196 sur 246 · LIVRE IV. -v CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE IV. -v CHAPITRE 1er

pouvoir et allait devenir un foyer d'attraction, un point de ralliement pour d'autres hordes d'infidèles. Rome et l'Italie auraient fini par tomber en leur pouvoir, comme l'Espagne et l'Afrique, s'il y avait eu de l'union parmi ces conquérans : heureusement leurs divisions, dès les premiers temps de leur venue, sauvèrent la cité des pontifes et la Péninsule , comme les fautes des Carthaginois sauvèrent autrefois la vieille capitale du monde romain.

Des bandes nombreuses de Musulmans venus des côtes de la Sicile en 846 , pénétrèrent de nouveau dans la Romagne par l'embouchure du Tibre. Le pays était encore désert par suite des ravages qu'avaient exercés les premiers envahisseurs. Les églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul furent de nouveau pillées , et Rome, étroitement assiégée, était au moment de tomber aux mains de ces nouveaux Vandales, quand on apprit que des troupes, expédiées par le roi Louis II, accouraient pour les combattre.

Les Maures se portent hardiment au devant de leur ennemi. L'armée lombarde les refoule d'abord jusqu'à Gaëte; mais les Africains ont feint cette retraite pour attirer les troupes du roi Louis dans des défilés où les attend leur astuce. L'armée chrétienne, attaquée à l'improviste par

les Maures embusqués, est mise en complète déroute : son général est tué; un grand nombre de soldats périssent sur place , et le reste eût été peut-être massacré dans sa fuite, si César, fils de Sergius, duc de Naples (1), n'était accouru avec des renforts au secours des Lombards. Ce nouveau corps de troupes , tombant sur les derrières des Maures, les contraint à suspendre leur poursuite acharnée. Rome est sauvée par cette diversion et par la mésintelligence qui se met aussitôt dans les rangs des Sarrasins. Cette expédition, qui, comme le dit Voltaire, devait être une conquête, ne fut qu'une incursion de barbares.

Sur ces entrefaites , Sergius II mourut (2) ; Léon IV, de glorieuse mémoire , fut élevé au trône pontifical. Pour ce grand pontife, le Saint- Siège fut vraiment un trône de roi, et la tiare devint sur son front un puissant diadème.

Déjà un de ses prédécesseurs, Léon III, avaii formé le projet de bâtir dans Rome une seconde ville, afin d'enfermer l'église de Saint-Pierre et de la protéger contre les attaques des Lombards. Depuis, les Lombards, sous leurs rois français, étaient devenus de puissans auxiliaires

(1) Mubatori, Ann. (i'lt.s T. v, p. 19 el suiv.

(2) Année 847.

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