‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 198 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE Ier

» conquérans échappés au naufrage fut mise à » la chaîne. Le pape rendit sa victoire utile en » faisant travailler aux fortifications de Rome » les mêmes mains qui devaient la détruire (1). »

Ceux des mahométans qu'avait dispersés la tempête , renforcés par la venue de nouvelles bandes de barbares, se rejettent sur le Gariglianoy entre Gaëte et Capoue: cette contrée est bientôt livrée à tous les genres de désastres. Sur les instantes sollicitations du pape j Lothaire ordonne au jeune roi d'Italie, son fils? de marcher lui-même contre les infidèles. Louis, à la tête d'une armée lombarde , fond sur eux comme l'éclair, les surprend par son impétueuse attaque, leur fait éprouver une déroute complète, les disperse et les rejette loin des rivages de l'Italie (2).

Depuis le couronnement de Louis comme roi de Lombardie, les abus et les exactions qui écrasaient les provinces lombardes avaient cessé. Une sage administration, dirigée dans les voies

(1) Ce ne fut qu'en 852, après quatre ans encore de soins et de travaux, que la ville nouvelle fut complètement achevée. On l'appela du nom de ses fondateurs, Cité Léonine.

(2) Giulini,T. Ier, chap. iv, ann. SUS. — Muratori, IL v. , p. 2U et suiv. — Beaucoup d'historiens , entre autres Baronius , Sigonius , le père Pagi et Léon d'Ostie, prétendent à tort (comme nous semble le démontrer Muratori) que cette expédition eut lieu en 851.

d'une sévère et rigoureuse justice > avait remplacé l'avide et brutale oppression des nombreux gouverneurs , quelque temps enhardis par l'absence et l'incurie des souverains. La Lombardie respirait après tant de vicissitudes. L'amour et le bonheur de ses peuples étaient pour Louis la récompense de ses nobles efforts ; la gloire , après la défaite des Sarrasins , vint jeter son éclat sur cette jeune couronne. L'Europe retentit d'un aussi brillant triomphe , et Lothaire , fier des succès de son fils, se hâta de l'associera l'empire (1).

(1) Giulini, T. 1er, lib. iv., ann. 8Zi9.

Cet historien fait observer toutefois que les actes contemporains ne commencent à lui donner le nom d'empereur que l'année suivante , où ce jeune et glorieux front reçut la couronne impériale des mains non moins glorieuses de Léon IV.

Giulini et Muratori font mention d'un décret publié l'année de son couronnement , par le nouvel Auguste , et daté de la royale résidence de Marengo. Dans ce décret, Louis II déclare , qu'après avoir pris l'avis et obtenu le consentement de la diète de son royaume, il a fait choix , pour épouse , de la princesse Angilberge , et qu'il lui assigne pour dot , selon la coutume des Francs, deux palais qu'il désigne. L'historien milanais, à propos de ce décret , appelle l'attention sur cet usage des Francs de doter leurs femmes , et surtout appuie sur le consentement préalable donné par la diète au mariage du souverain.

«Comment croire maintenant, s'écrie Giulini, que I»1 • royaume d'Italie , depuis la conquête de Charlemagne, > fut héréditaire, et que le choix du souverain ne fui pas également soumis à l'approbation préalable de la diète .'

Page 1