LIVRE IV. — CHAPITRE 1er. iw
De toutes parts arrivent au jeune empereur des marques de sympathie , de gratitude et de respect. La morgue des ducs les plus puissans s'efface un moment devant cette jeune et rayonnante gloire ; les ducs Sigenulfe et Radelchis rendent hommage à Louis II et le supplient enfin d'être l'arbitre de leurs trop longues discordes. Le jeune empereur fait, entre les deux rivaux , un partage nouveau du duché de Bénévent (1), et parvient ainsi à mettre un terme à cette lutte fameuse qui, par l'appel aux Sarrasins, avait eu et devait avoir encore de si fatales conséquences pour l'Italie.
Quelques historiens ont voulu entacher la mémoire de Louis II , par le récit d'un crime imaginaire qu'ils reportaient à cette époque. Giulini établit, par des faits et des rapprochemens de date, le peu de fondement d'une telle accusation que combat d'ailleurs si puissamment le noble caractère du jeune empereur.
D'après Muratori et quelques autres auteurs italiens , Louis II , dans un accès de jalousie , se
(1) Capotje, qui , avec ses dépendances , échut à Sigenulfe , secoua peu de temps après le joug du prince de Salerne , et s'érigea en état indépendant des deux autres : ce qui divisa l'ancien duché de Bénévent en trois principautés, savoir : de Bénévent , de Salekne et de Capoue. — (Mukatori).
serait rendu coupable , en 851 , d'un meurtre sur la personne de Vépold ou Vépoldo, que le jeune empereur avait beaucoup affectionné et qu'il avait élevé à la dignité de comte du palais. Louis II ) repentant de sa faute , selon le même récit , aurait cherché à la réparer en comblant de bienfaits les fils de sa victime , auxquels il aurait donné, pour eux et leur descendance , les duchés de Ligurie, de Toscane, le comté de Modène et neuf autres fiefs importans. Giulini fait observer que le duché de Ligurie, qui , dit cet historien, n'était autre que laLombardie, ne fut que bien long-temps après héréditaire ; d'ailleurs , ajoute-t-il , il existe une pièce authentique trouvée dans le monastère de Causaria , de laquelle il résulte que Vépoldo vivait en 860 et jouissait, à cette époque, comme comte du palais, de la faveur de Louis IL
La victoire remportée par ce prince en 848 contre les Sarrasins y n'avait fait que les éloigner pour quelque temps du sol de l'Italie; et Bari continuait à être occupé par un parti de ces forbans qui ne cessaient, par leurs irruptions , de désoler les contrées les plus voisines de la Méditerranée et de l'Adriatique.
Louis II se trouvait à Mantoue quand le cri des provinces chrétiennes, livrées à la brutale