‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 220 sur 246 · LIVRE IV. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE II

ainsi que ce pontife le raconte lui-même dans sa cinquante-huitième lettre , ordonne qu'un synode se rassemble à Milaa et que l'épouse coupable y soit citée. Tadon était à cette époque archevêque de Milan ; les évêques ses suffragans se réunissent sous sa présidence , mais Engeltrude ne comparaît pas devant cette redoutable assemblée , et une sentence d'excommunication est prononcée contre elle.

Le pape présidait , dans le même temps , le concile de Rome qui cassait les conciles de Metz et d'Aix-la-Chapelle. La sentence du synode de Milan est solennellement approuvée par le concile de Rome qui loue la conduite de l'archevêque Tadon (1).

Engeltrude , qu'encouragent dans ses déportemens les conseils et l'exemple de Judith et de Waldrade, brave l'excommunication, fulminée contre elle.

Arsène (2), évêque d'Orta, était alors légat de pape auprès de Lothaire. Le pieux prélat met en œuvre toutes les inspirations de son ^èle

(1) Giulini trouve dans cette circonstance une nouvelle preuve de la fausseté de l'assertion de quelques écrivains , qui prétendent qu'à cette époque , un schisme scandaleux séparait la métropole de >lilan de l'Eglise de Rome.

(2) Giulini , lib. v.

apostolique pour ramener au bercail la brebis égarée qu'il trouve moins intraitable que ses deux compagnes , et obtient enfin de la pauvre pécheresse , à force de prières et de paternelles exhortations , la promesse d'un retour dans la bonne voie. Comme Waldrade , Engeltrude s'achemine toute repentante vers Rome ; mais bientôt aussi , comme Waldrade , trop faible pour un tel sacrifice , elle revient sur ses pas et retombe dans sa faute plus passionnée que jamais (1).

Engeltrude ne pouvait rencontrer de protecteur plus indulgent que Lothaire; c'est auprès de ce prince qu'elle vient chercher un nouvel asile. Le père de Theutberge, l'époux d'Engeltrude , porte encore ses doléances à Rome ; mais les voix menaçantes du Vatican se perdent à travers les bruyantes orgies de la cour de Lorraine.

Roson, confus, désespéré, implore l'intervention de l'empereur Louis... Des pensées d'une trop grave importance préoccupaient alors Tes prit de ce monarque... Force fut donc au père, à l'époux désolé, de dévorer <v double outrage impuni.

(1) GlUUNÏ — MURÀTORl , iinii. 865

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