‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 223 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE III

eu l'occasion déjà de rappeler les dispositions principales.

Par cet édit , l'empereur règle les cas et les moyens d'exemption pour le service militaire ; le nombre d'hommes propres à la guerre que les comtes et les gastaldi peuvent retenir pour leur service personnel ; il prescrit aux abbés et abbesses d'envoyer tous leurs vassaux à l'armée. Quant aux évêques , le décret impérial ne leur prescrit rien, habitués qu'ils sont pour la plupart , malgré les défenses plusieurs fois publiées par les divers empereurs depuis Charlemagne , à prendre eux-mêmes les armes, à marcher à la tête de leurs vassaux et à affronter le péril des batailles; au surplus, dans cette occasion, c'esl la cause de la chrétienté qui se trouve engagée ; c'est presque une guerre sainte , c'est un avantcoureur des croisades,

A la veille d'une aussi importante expédition qu'il veut mener à terme, et qui, conséquemment, peut long-temps l'occuper loin de la Lombardie, Louis II pourvoit, par le même édit, aux soins de l'administration de ses États pendant son absence. Il nomme trois délégués impériaux. Les contrées situées entre le Tésin et le Pô sont confiées à Eriulfe; celles comprises entre le Tésin et VAdHaa Eremberto; et les pays

entre YAdda et ÏAdige à Landerberto. Ces administrateurs sont chargés de pourvoir aux préparatifs de la guerre , et de veiller surtout à la

levée de l'armée L'empereur désigne pour

point de rassemblement, au mois de mars de l'année 866 , la route de Ravennes.

Louis, accompagné de l'impératrice, pénètre, au mois de juin, dans le duché de Bénévent à la tête de sa nombreuse armée. Il visite le monastère du Mont-Cassin , où il est reçu avec une grande magnificence; et il confirme tous les privilèges que ce pieux établissement a obtenus de ses prédécesseurs.

L'évêque Landolfe vient y rejoindre le monarque avec les Capouans dont il est le seigneur. On se souvient queCapoue , lors de la dernière expédition de l'empereur, avait manqué de parole, en ne lui envoyant pas les renforts qu'elle s'était engagé à fournir. Louis II dissimule son juste ressentiment et fait un accueil bienveillant à Landolfe; mais ne voilà-t-il pas qu'au moment où Louis II se dispose à une attaque décisive contre les Maures, les soldats de Capoue , soit malgré leur seigneur, soil sous sa secrète inspiration (ce qui esl plus probable ), désertent tous , les uns après Les autres, lesdrapeaux de l'armée chrétienne.

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