‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 226 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE III. 48i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE III. 48i

Tégard de ce qu'il appelait les médians (1), Le monde chrétien le regarda comme placé par la Providence pour opposer une puissante digue aux désordres du schisme et de l'hérésie. Habile à saisir toute occasion d'agrandir le pouvoir pontifical , il profita des scandales de la cour de Lothaire pour abaisser les rois au profit de l'autorité du Saint-Siège. Son zèle pour la répression de ces scandales fut poussé au delà des bornes naturelles de la puissance des papes ; mais les monarques laissaient faire. Si quelquefois ils se lassaient de courber leur front couronné devant la mitre épiscopale, ce n'était qu'un passager éclair de leur orgueil froissé que le Vatican ou les simples évoques effaçaient aussitôt par l'éclat de leurs foudres ; le sceptre des rois ployait au moindre choc du bâton pastoral. Que ne devait dès lors tenter le chef des princes de l'Église, le pontife suprême qui jugeait et déposait les évêques , surtout quand celui qui portait la tiare à la triple couronne s'appelait Nicolas Ier?

L'aventure de Lothaire , par l'attitude impérieuse qu'y sut prendre le pape Nicolas, prépara les malheurs si connus , pour des causes à peu

(t) Hist. de l'Egi, B.-B., T.V.

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près semblables , de Robert, de Philippe I l et de Philippe-Auguste.

Mais la plus grande affaire de l'Église à celle époque, celle où Nicolas avait eu à déployer une énergie plus juste et plus légitime, une affaire où il acquit un de ses plus beaux titres de gloire 9 et qui , encore de nos jours , a son retentissement et ses fâcheuses conséquences , ce fut le schisme de Photius, cette triste origine de la séparation religieuse des Grecs et des Latins.

Saint Ignace , un des fils mutilés de l'empereur Michel Curopalate , occupait le siège patriarcal de Constantinople , quand Michel III , étant parvenu en âge , priva de toute autorité , par les conseils de Bardas, Théodore, , sa mère, veuve de Théophile. La chaire des patriarches à Constantinople était , ainsi que le trône d'Orient, sujette à des révolutions fréquentes. Il vint à l'esprit de Photius de s'emparer de cette haute dignité, de l'élever au dessus de la puissance des papes romains , et de dominer ainsi le monde en se faisant plus grand que le dominateur des évêques et des rois.

Personne plus que Photius n'était fait pour concevoir et réaliser ce hardi projet. Illustre par sa naissance et par l'alliance de sa maison avec les empereurs; déjà puissant comme grand

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