‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 230 sur 246 · LIVRE IV. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE

restés ignorés des Espagnols, « L'aînée de ces » deux sœurs, » dit Ferreras, ce craignant que la » cadette ne tombât en faiblesse , lorsqu'elle la » verrait expirer, lui offrit de lui céder la gloire » de mourir la première pour Jésus-Christ; mais » celle-ci lui fît réponse qu'il ne lui convenait » pas de précéder dans le triomphe sa maî- » tresse dans la vie chrétienne. Ces deux jeu- » nés filles furent décolées et allèrent dans le » ciel jouir de la félicité éternelle. »

Ferreras ajoute que, parmi ces milliers de victimes dont le sang coula pour avoir confessé la religion du Christ , il en est dont le zèle à courir au devant des tourmens , bien que glorifié plus tard par la canonisation, ne fut pas toujours exempt de quelque blâme.

A la soif du martyre , succéda ou plutôt vint se joindre (car les persécutions n'étaient pas encore à leur terme ) une avidité générale d'enrichir les églises et les monastères des dépouilles mutilées des saintes victimes pour les exposer à la vénération des fidèles. De toutes parts on vit de pieux pèlerins se mettre enquête de ces restes précieux , et visiter les régions les plus lointaines où avait coulé le sang des confesseurs de la foi. Andalde partit en 855 du monastère de Conque en Aquitaine, et passa en Espagne

pour chercher les reliques du martyr saint Vincent (1). Trois ans plus tard, deux moines du monastère de Saint-Germain, Osnard elOlivard, rapportèrent, d'Espagne en France, les reliques vraies ou supposées de saint Grégoire, de saint Aurelius et de sainte Nathalie (2). Que d'innocentes ruses, que de pieux mensonges furent employés dans ces excursions secrètes , où souvent l'enlèvement de restes vénérés n'était rien moins qu'un rapt et un larcin ! !

Chaque monastère, chaque église voulut avoir ses reliques : la fraude vint bientôt en aide à cette ardeur toujours croissante , et l'on vit des hommes , haut placés dans la hiérarchie ecclésiastique, ne pas dédaigner de recourir à de puériles supercheries, à d'indignes expédiens pour satisfaire cette sainte soif de reliques qui s'était emparée de la chrétienté.

Ceci nous ramène au récit du père Mabillon.

Selon cet écrivain , l'archevêque de Milan , Tadonc, pendant que cette fièvre générale était à son paroxysme en Lombardie, avait écrit ail papeNicolas, pouiTinformerqu'iln'exisliuhlai^ une certaine ville de son diocèse que peu de corps

(4) Ferreras, t. u, part, iv, siècle i\r, p. r>ll elsuft

/k2) Ibidem, p. fil (S el suiv.

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