LIVRE IV. CHAPITRE III
de saints reconnus comme tels. « Au surplus, » ajoutait le pieux prélat, cette ville possède » plusieurs corps sans nom à la vérité, mais dont » la complète conservation semblerait un puis- » sant indice de sainteté.» L'archevêque se proposait de donner à ces cadavres les noms des saints les plus en honneur dans la localité , et de les exposer à la vénération publique après avoir prescrit des oraisons et des jeûnes. Le prélat attendait toutefois , pour accomplir son étrange dessein, d'y être autorisé par le souverain pontife. Le sage Nicolas répondit par un refus formel d'autoriser cette scandaleuse comédie , et par une réprimande sévère au métropolitain de Milan.
La folie est de toutes les époques : heureusement , à toutes les époques aussi , marche non loin d'elle le bon sens pour en réprimer les trop grands écarts.