‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 43 sur 246 · LIVRE l'r. CHAPITRE III. SI · texte numérisé non relu

LIVRE l'r. CHAPITRE III. SI

ché de Bénévent, moyennant un tribut annuel de sept mille sous d'or (1); et il emmène en otage douze principaux seigneurs, parmi lesquels se trouve Grimoald ou Grimwald, fils d'Aréchis.

Le roi vainqueur se rend à Rome avant de repasser les Alpes 9 et ajoute à sa première donation en faveur du Saint-Siège , les villes qu'il vient d'enlever au duc de Bénévent, et dont Capoue est la plus importante.

Le duc de Bavière alarmé , lui aussi, mais trop tard , des conséquences de son imprudente levée de boucliers , cherche , par des protestations de soumission où perce le défaut de franchise , à conjurer l'orage qui le menace.

Gharlemagne repousse les instances de Tassillon ; il envoie ses généraux en Bavière , et les fait précéder d'une bulle foudroyante où le pape déclare ( et c'est la première déclaration pontificale de cette nature (2), que l'armée des Francs et son roi ne seraient point comptables des

(1) Eginhard, Annal. , ad annum 81a.

Erchempert affirme qu'Aréchis fut obligé d'acheter cette

paix par l'abandon immédiat d'un trésor considérable qu'il tenait en réserve, et que Charles exigea pour couvrir les frais de la guerre. *

(2) Histoire de l'Eglise, B.-B., T, IV, pag. 227 et 228.

* Erchempert cité par Muratori. An», d'Haï, tom. ït, p. 338, nnno 787.

maux d'une guerre suscitée par la félonie du duc de Bavière.

Les lieutenans de Charlemagne battirent les Bavarois et les Huns leurs auxiliaires. Le duc, fait prisonnier, fut conduit en France et condamné à mort comme traître. Le roi se contenta de le faire tondre et de le renfermer dans l'abbaye de Jumiége (1).

Le duc de Bénévent était soumis , Tassillon était vaincu que l'on croyait encore, à Constantinople, Charlemagne occupé contre les Saxons.

Aussi , quand Aréchis parut sur les côtes d'Italie avec les vaisseaux grecs , grande fut sa surprise de voir flotter des bannières ennemies partout où il avait espéré trouver des auxiliaires. Irène lui avait accordé quelques troupes ; le fils de Desiderio osa débarquer et tenter la fortune des combats ; mais , battu et poursuivi sans relâche , il fut contraint de remonter sur ses vaisseaux et de retourner à Constantinople , honteux d'une malencontreuse expédition dont le triste résultat lui ferma plus que jamais toute voie au trône des Lombards.

(1) Egin., anno 788.

Il résulte, du recueil de Baluze (T. rr, col!, wvi), que des lettres de grâce furent dans la suite accordées à Tas sillon. (CapituL . nmw 7Wi , Assemblée de Francfort, article rr. )

Page 1