LIVRE Ier. CHAPITRE IV
encouragé par les riches captures que faisaient ses vaisseaux dans les eaux de l'Océan i avait envoyé une flotte dans la Méditerranée ; les mahométans avaient abordé en Corse , et se livraient aux plus cruelles violences contre les malheureux insulaires. Pépin , sur la prière de Léon III à qui Charlemagne en avait fait donation (1), s'était hâté d'envoyer contre eux des troupes et des vaisseaux ; les hordes d'Alhacan, dès qu'elles apprirent l'approche des Lombards, abandonnèrent la Corse, emportant tout leur butin, et emmenant avec eux soixante moines qu'ils avaient fait esclaves dans l'île de Pitorama. Ces religieux, vendus en Espagne dès l'arrivée des barbares , furent bientôt rachetés par les ordres de Louis, roi d'Aquitaine. Peu de temps après,
reur la donation absolue de Milan , de ses murs et de son comté. L'historien cité fait dater de cette époque les droits des archevêques de Milan à la souveraineté absolue sur cette ville et sur son territoire ; il rapporte même l'acte de donation que Giulini et d'autres judicieux historiens regardent comme apocryphe.
L'assertion de Jean de Deis est dénuée de toute vraisemblance : certes Milan et son territoire étaient un assez important fleuron de la couronne lombarde pour que l'empereur, s'il l'en avait détaché pour en gratifier l'archevêque, en eût fait mention dans le partage de ses Etats avant sa mort. (1) Lettre 8e de Léon III à Charlemagne, au sujet de la descente des Maures en Corse. 807. — Labbé, Conciiior, T. vu. — Muratorj , Ann. d'It. , T. iv , p. 40^, anno 807. - Fermeras, Hùt. d'Esp., siècle ixe, ann. 8O/4.
la flotte d'Alhacan reparut dans la Méditerranée, et prit terre dans l'île de Sardaigne, espérant s'y livrer aux mêmes dévastations que dans l'île de Corse ; mais les insulaires , que l'exemple de la Corse avait tenus en éveil , avertis à temps de leur approche , les reçurent les armes à la main, et les forcèrent de se rembarquer avec une perte de plus de trois mille hommes.
Les Sarrasins , battus en Sardaigne , se dirigent de nouveau vers la Corse; la mort de Grimoalcl, survenue en ce moment, amenait une trêve entre la Lombardie et Bénévent. Les flottes combinées de Charlemagne et de son fils accourent au secours des deux îles, sous la conduite du jeune roi et du connétable Burcardo ; elles rencontrent les vaisseaux barbaresques avant qu'ils aient atteint la Corse , les attaquent et les mettent en fuite après avoir capturé treize voiles et tué beaucoup de monde (1). Ce rude échec tint pour quelque temps les Sarrasins loin des côtes de l'Italie, dont ils commençaient à convoiter la conquête.
Pépin n'eut pas le temps de déposer les armes ; vainqueur sur la Méditerranée, il dut, sans prendre de repos , porter sa tente guerrière sur les
(!) Ferreras, Hùt. gèn. d'Esp. , T. 2, part. i\ , siècle iv. ann. 807 — KgjnHARD, Annales de L018ET,. — 1/ \m>m ME, dans la vie efa Charlemagne, - Le Moine, cTAngoulême.