‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 65 sur 246 · LIVRE Tr. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Tr. CHAPITRE IV

Une assemblée d'évêques , d'abbés , de ducs et de comtes, est convoquée à Aquisgrana. L'empereur communique son dessein , qu'une voix unanime accueille comme une inspiration du ciel.

Revêtu de ses habits impériaux , et le front orné d'une riche couronne, Charlemagne sort un dimanche de son palais , au milieu d'un brillant cortège , et s'avance lentement vers l'église, appuyé sur son fils.

Arrivé près de l'autel , l'empereur dépose sa couronne, s'agenouille, et adresse des paroles touchantes et de sages conseils à celui qui va devenir l'héritier de sa formidable puissance. Louis , dont la voix émue trahit des larmes , répond, qu'avec la grâce du Très-Haut il suivra inviolablement ses avis paternels. A un signe de Charlemagne, le jeune roi d'Aquitaine prend sur l'autel la couronne impériale , et la pose luimême sur sa tête, pour marquer, dit un historien de l'Église (1), que c'est de Dieu seul qu'il reçoit l'empire ; aussitôt de vives acclamations de joie saluent les deux empereurs.

Les transports d'un non moins vif enthousiasme avaient éclaté l'année précédente (2) en Lombardie, quand y apparut un fils de Pépin,

(1) B.-B. , Histoire de l'Eglise, T. n, p. 277 et suiv.

(2) GlULTNï, Storia di Milano, anno 812.

le jeune Bernard , que Charlemagne y envoyait comme roi.

Le sage Adelhard et Walla , son frère , doué comme lui de grandes lumières et d'une rare intégrité , suivaient le jeune prince en qualité de ministres.

La Lombardie ne put que revoir avec amour le fils de ce Pépin dont le règne avait laissé de si chers souvenirs. Une heureuse occasion de gloire vint bientôt s'offrir à Bernard; il se hâta de la saisir et se montra digne de son père et de son aïeul.

Malgré sa défaite en 807 , la flotte d'Alhacan avait reparu, trois ans après, dans la Méditerranée ; les îles de Corse et de Sardaigne s'étaient cruellement ressenties des nouvelles excursions des barbares : un traité de paix entre Alhacan et Charlemagne avait suivi cette expédition, et semblait devoir enfin promettre du repos à ces îles dévastées que tenait sous sa protection l'empereur d'Occident.

Cependant les hordes dévastatrices reparurent dans la Méditerranée en 812; elles s'étaient divisées en deux escadres : l'une se dirigea vers l'île de Corse qui fut ravagée comme les années précédentes ; l'autre fit voile vers l'île de Sardaigne; mais une flotte, commandée par le jeune

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