‹ Histoire de la conquête de la LombardiChapitre 69 sur 246 · LIVRE Ier. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. CHAPITRE IV

rentrer Rome dans le calme , grâce à cette nouvelle intervention de Guinéchis et des princes Francs ; aussi le premier acte d'Etienne IV, son successeur, fut-il, dès qu'il eut ceint la tiare, d'exiger du peuple romain le serment de fidélité à Louis Ior, comme patrice et protecteur de Rome, et en sa qualité d'empereur d'Occident. Le pontife , accompagné du roi de Lombardie , se rend ensuite à Reims, donne de nouveau l'onction sainte au fils de Charlemagne , et lui met sur la tête un riche diadème qu'il a apporté de Rome.

Un autre monarque que Louis-le-Débonnaire se fût peut-être en ce moment souvenu que, sur l'ordre de Charlemagne, il avait, trois ans auparavant, pris lui-même sur l'autel la couronne impériale !

L'impératrice Hermengarde fut , elle aussi , couronnée et proclamée Auguste par Etienne IV.

Nous venons de nommer l'impératrice Hermengarde; c'est entrer dans la voie des malheurs de Rernard.

Louis, jaloux d'abord de son autorité, n'avait employé ses fils qu'en qualité de gouverneurs de provinces et les tenait éloignés de lui. La fîère Hermengarde , dont aucun fils ne portait une couronne de roi, nourrissait une envieuse

haine contre Bernard, qui, neveu seulement de l'empereur Louis, avait depuis long-temps reçu l'onction royale.

Le ressentiment delà mère et de l'épouse eut bientôt accès au cœur du royal époux. La soumission de Bernard , après sa première faute , avait désarmé la colère de l'empereur; mais la haine d'Hermengarde veillait, et l'amnistie ne fut pas complète, et l'exil frappa deux hommes dont le concours aurait donné trop d'éclat à une royauté condamnée à périr. Cette royauté , Charlemagne l'avait créée, on n'osa pas d'abord la détruire; mais, s'autorisant de l'exemple dangereux du grand roi , on commença à la saper dans sa base en la frappant de déconsidération, en la dépouillant de ses prérogatives , enfin en réduisant le roi de Lombardie aux simples fonctions d'un gouverneur de province.

Bernard ne supporta qu'avec impatience cet empiétement sur son autorité, qui ne lui semblait devoir ainsi s'effacer que devant le puissant génie de son aïeul. Brave, magnifique, adoré de son peuple , versé dans la connaissance des besoins et des vœux de la Lombardie , capable et en voie d'y satisfaire, Bernard se sentait roi non seulement pur la volonté de Charlemagoft , mais encore par ses nobles qualités et par l'affection

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