LIVRE Ier. CHAPITRE V
Louis et à Lothaire quelques uns de ses officiers dévoués ? chargés de les assurer de son repentir et d'invoquer leur clémence : les empereurs n'eurent pas le temps de lui adresser leur réponse. Cet homme, qui avait attiré tant de maux sur la Pannonie , et dont la main s'était lâchement teinte du sang de l'hôte hospitalier qui l'avait accueilli dans l'adversité , ce duc rebelle et félon périt sous le poignard d'un de ses propres soldats. Sa mort désarma la colère des deux empereurs contre la Pannonie , et les troupes italiennes rentrèrent en Lombardie sans coup férir.
Pendant cette heureuse expédition , Lothaire marquait sa présence en Italie , par la publication de plusieurs règlemens ou capitulaires empreints d'un profond esprit de sagesse et d'équité. Ce fut sans doute à cette époque que parut son mémorable décret relatif au rétablissement des lettres dont le jeune empereur signale à regret la décadence (1).
Ici, nous ne pouvons nous empêcher de faire
(1) Au reste, la Lombardie n'était pas le seul pays rebelle à la salutaire impulsion donnée aux études parles premiers empereurs francs.
V Histoire de l'Eglise rapporte, pour preuve du déplorable état où les lettres étaient tombées, que , dans un concile tenu en 826 parle pape Eugène ïï, on dut, tant était grande
ressortir certains rapprochemens très remarquables.
Quelques édits de Lothaire sont datés d'une résidence royale ? située non loin de Pavie, près du lieu où la rivière d'Olona se jette dans le Pô. Cette résidence, où séjourna Charlemagne, s'appelait cilla d'Olona ou corte d'Olona-, le bourg qui occupe la place où elle était située, porte aujourd'hui , par altération , le nom de Cortellona (1).
C'est probablement pour rappeler ces vieux
alors la difficulté de s'énoncer ou de composer, copier, d'un concile réuni sous Grégoire II, le petit discours qui devait servir de préface au concile que l'on célébrait.
(1) Le comte Giulini semblerait vouloir indirectement attribuer, à la proximité de Pavie et de cette résidence royale, la préférence donnée par l'empereur, pour le siège de l'Université, à Pavie sur Milan.
L'historien milanais ne veut pas avouer et cherche à faire oublier qu'à cette époque sa chère ville natale était effacée du nombre des cités riches et importantes ; et que Pavie , capitale des rois lombards, continua à l'être long-temps encore sous les successeurs de Charlemagne.
Le comte Verry , milanais comme Giulini , mais moins travaillé d'amour-propre pour la gloire ou la gloriole de la ville où il a reçu le jour, ne craint pas d'offrir le tableau de la triste situation de Milan à cette époque , situation telle qu'aucun des empereurs ou rois qui, après Charlemagne, régnèrent en Lombardie , ne fit sa résidence de celle ville, et que pas un de leurs édits n'en porte la date. * Giulini, pour s'en consoler, trouve un singulier motif dont nous aurons l'occasion de nous occuper plus lard.
* (.onde VEIlRT. Storia <li IfilatiO, T. 1 ". |>. 1<>:">.