CHAPITRE II. — DEUXIÈME ÉPOQUE
glaive devant aucune puissance de la terre. Elle ne fera, au milieu de cet accroissement général des autres grandes puissances, que recouvrer le rang qu'elle occupa toujours parmi les nations prépondérantes de la terre, et d'où la jalouse Europe semble vouloir la précipiter.
Mais trêve à des utopies dont la pensée ne nous est venue qu'en entrevoyant des chances nouvelles d'extension pour les autres grandes puissances de l'Europe, et dont la réalisation, du reste, ne nous semblerait rien moins qu'à souhaiter, tant un trop grand développement de territoire est à nos yeux une cause d'embarras et un sujet d'incessantes perturbations pour un royaume.
Voyons les choses dans leur réalité, dans cette triste réalité que les traités de 1815 nous ont faite.
Ne revenons pas sur cette question résolue pour nous, du plus ou moins d'intérêt qu'il y aurait pour la France à occuper l'Italie , et des vœux plus ou moins favorables à cette occupation que peut former la péninsule.
Reportons notre sollicitude sur un fait évident, incontestable, non pas sur la domination autrichienne en elle-même , mais sur l'esprit qui présida en 1815 à l'établissement de cette domination. Ce ne fut, nous le répétons, qu'une pensée d'hostilité flagrante de l'Europe qui , à cette époque , constitua l'Italie comme un rempart et une menace contre la France.
On amoindrit notre pays; on resserra nos frontières : on nous rendit vulnérables de ce côté comme on l'avait fait du côté du Rhin.
Eh bien ! c'est contre cet acte de spoliation , c'est contre ce monument de défiance et de haine que la France ne devra jamais cesser de protester.
Ici ce n'est point un rêve d'envahissement et de conquêtes qui nous préoccupe, mais une pensée de sécurité et de dignité nationale.
Il faudra que l'Europe finisse par le comprendre. Elle a trop abusé de nos revers de 1815, cette Europe qui ne se sent forte que quand elle s'est formée tout entière en faisceau contre la France.
Il faudra qu'elle comprenne que ce malaise, ces inquiétudes , ces bouleversements intérieurs de la France qui ont eu leurs tristes retentissements au dehors, et qui, depuis si longtemps, tiennent le monde dans l'effroi , eurent de tout temps leur première cause dans une révolte généreuse de l'orgueil national trop profondément blessé.
II faut pour l'honneur de la France , il faut donc pour le repos du
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monde, que cette plaie irritante «e dcatrise. il n'y a pour eda qo'mi seul remède, et ce remède... c'est la léTîaioD dea traité» de 1815 1
Honnenr aux hommes d'État, monarqoesoa ministres, qoi amèneront FEurope à modifier ces fnnestes traités, soit par des négociations pacifiques , moyen préférable à la Toie des armes , soit par la voie des armes , moyen extrême , mais qui toujours yaudra mieux que la honte.