‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 119 sur 137 · LIVRE RÉTROSPECTIF · texte numérisé non relu

LIVRE RÉTROSPECTIF

Les nations , comme les hommes, ont lears phases de grandeor, de décadence et de ruine ; rarement elles se relèvent une fois tombées : quelquefois néanmoins elles reviemient à la vie.

Autour de Fitatie, et aveeles débris de soa ascieRne dominatioD» se sont fofidés de nouveaux États; et de fluittaresse da mesde dk est devenue la vassale de ses ancioRRes ppomiMBi qn m di^uteRt ses lambeaux.

Jadis la traneiMaite èpét tailla» décoRpa le moRde à aa ooRveRance ; aujourd'hui elle cal WRttléesoivantlacoDvcRaRce des antrei.

C'est une cruelle vérité pour l'Italie. L'Europe est partagée de telle sorte qu'on n'y a pas laissé de plaee pèar Vifidépenluca et la nationalité de cette péninsule. D'autres néeesBiléaoBt prévalR dans la politique européeDRe. Cette politique peutHsUe être vainciie par les efforts partiels des Italiens ? Nous ne le croyons pas» De tels efiortSt on n'en a que trop l'expérience» n'ont eu jusqu'à ce jour, et R'aunâert encore d'autre résultat que d'aggraver » à l'issue de ehacnne de oes fatales crises» la sUuaftion de ces belles contrées. Dés lora R'y a-(-il pas démence et crime à entreteRir un secret maWse daRsIei esprits» à attiser le feu de la séditioR et de la haine chez un peR|^ qui a besoin d'attendre patiemmoRt des temps meilleurs plutét que de brusquer les événemeRts» et de eonsommer sa propre nriRR par Uap de hâte et de violence ?

Ne désespérons pas pourtanl de l'ItaKe*

De grands événements se prépareat pour on aranir phia au moias éloigné. Il peut se faire que» par srUr de Roavdles coRdûnaisons d'États et d'un nouveau partage de l'Europe» l'Autrifibe acqRÎère des territoires qui lui rendent moins ifidispeRsabte k posseaRRO des provinces italiennes que lui ont concédées les traités de 1815 ; il peut se faire aussi 9» fEncope fsase frère k ces préoReopaiioas hartiies et méfiantes qui lui ont fait coRstitner l'Italie comme vu rempart, comme un poste avancé et meR&tant eoRtre la France. De cette nouvelle révolution dans les choses et dans les esprits, il peut surgir tét ou tard pour la péninsule des fanées heurausea qui ^ par k force 1

des choses » seront eonchiites àu&e fin meillettve que prarnûent l'obtenir des tentatives intempestives » îrréfiéchies et condamnées d'avanceà de désastreRX échecs

Qu'elle se résigne et qu'die atteoda ; sa nationnlité peut sortir de la solution delà grande crise orientale...

CHAPlTaS a. — BBOXIÈUB JBPOQUE. 231

Ua entre état de choses, qui la flatterait moioi peut^re, pourrait aussi se constituer pour elle et pour dous, par suite du grand ébranlement qui se prépare. Mais oeci» nous le disons d'avance, est une de ces idées qui viennent parfois à l'esprit , mais qui ne se réalisent pas. Un mot cependant sur ces grandes éventualités.

Depuis quelque temps , les préoccupations politiques de l'Europe ont pris nne direction nouvelle.

L'ambition de k Russie en pressant toujours de plus près Conslantinople, l'Angleterre en cherchant par l'Euphrate et la mer Rouge une route moins longue et moins périlleuse vers ses riches possessions de rinde, vont jeter le monde dans une large voie de conflits et de perturbations. Il va falloir poser de nouvelles bases d'États et de distributions de territoires pour assurer l'équilibre européen.

L'Autridie, la France, la Prusse, ont un immense intérêt à empêcher que, par des accroissements démesurés, l'Angleterre et la Russie ne deviennent les deux seules grandes puissances du monde.

11 importe à la France et à l'Autriche, i la France surtout, que la Méditerranée ne soit pas complètement convertie en un lac britannique.

L'Angleterre, si elle devient maîtresse d'Alep et du cours de l'Euphrate, de Suez et de la mer Rouge, tiendra les clefs du commerce de l'Orient.

Déjà elle ferme l'Adriatique par Corfou; elle veille à l'entrée du bassin oriental de la Méditerranée par Malte, entre Tunis et la Sicile, comme elle en ferme le bassin occidental par Gibraltar.

Ainsi procède la politique anglaise. Quelques points habilement choisis lui suilisent pour dominer une vaste mer où nous n'occupons cpie la seconde place malgré nos côtes méditerranéennes , depuis If^ Tar jusqu'aux Pyrénées, malgré encore ce polype africain qui étend sou stérile rivage depuis Rone jusqu'au delà d'Oran * .

Or , voici quel serait notre rêve :

S'il est vrai qu'un temps doit arriver ou les Etats secondaires s'effaceront de la scène politique pour faire place à quelques grandes puissances qui, à elles seules, absorberont le continent et les mers, la France , dans ce vaste remaniement du monde, la France aura à revendiquer sa part.

Que la Russie prenne la vieille Rysance , le Rosphore et la mer

* Trois points fortifiés sur les cotes de TAfrique feraient plus pour la prcpondé-

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Caspienne ; que l'ADgleterre étende son avide main de Bombay à Canton , en passant par la mer Rouge et TEuphrate ; que la Prusse s*élargisse en Allemagne, qu'elle partage avec la Russie ou la Pologne les territoires qui bordent la Baltique jusqu'aux glaces de la Laponie ; que TEspagne et le Portugal» les ties Açores et les Baléares ne fassent qu'une seule nation ; que l'Autriche s'enrichisse sur le Danube et sur les bords de la mer Noire des débris de l'empire ottoman ; qu'on lui donne, outre les côtes illiriennes que déjà elle possède, l'Albanie et même la Grèce, pour mieux protéger son commerce de l'Adriatique et de l'Archipel ; mais que dans ce grand partage de peuples la France reprenne ses limites du Rhin, qu'elle s'adjoigne l'Italie, la Sicile, trois points tels que Tunis ^ Alger et CetUa sur les bords africains , quelques ties de relâche et de protection sur les diverses mers du globe, un point sur la mer Rouge , un point sur le golfe Persique , et la France , sans opprimer personne , n'aura à abaisser la pointe de son

rance de la France sur la MédilemDèe et dans le monde, que tout ce territoire algérien dont la conquête absorbe tant d'hommes et de trésors.

Ces points seraient :

Tanger ou Ceuta , fortifié et opposé à Gibraltar;

Alger, point intermédiaire;

El Tunis, pour neutraliser Halte,

On aurait moins à craindre alors que l'Angleterre n'établti pour le commerce des Indes ses fourchcii caudines à Alep et Suez.

Il no faut pas induire de nos paroles que l'abandon de l'Algérie soit dans nos ^œux.

Un mauvais système d'occupation, depuis onze ans, a fait à la vérité de cette brillante conquête d'une autre époque, un legs presque Amestc pour nous ; mais le sol de l'Algérie n'en doit pas moins être considéré désormais comme une annexe de la France. Le sang et la gloire de nos braves ont étroitement cimenté cette union. En réiat actuel des choses, il y aurait lâcheté, il y aurait félonie dans l'abandon complet ou restreint de ces contrées.

Mais un remaniement général de l'Europe peut amener des combinaisons telles, et de telles compensations pour la France , que l'occupation de l'Algérie, réduite à <[ue1ques points sur ses cêtes, entre dans nos intérêts sans blesser aucune susceptibilité nationale.

Toutefois l'Europe, si un jour elle ne voit plus aui mains de la France que le flambeau de la civilisation , au lieu de la torche des incendies révolutionnaires, l'Europe elle-même , dans l'intérêt de l'humanité , conjurera notre belle et puissante France d'extirper, par une occupation complète et continue, la barbarie des régions africaines. Cette grande mission , tâche onéreuse, mais de haute humanité, et qui, par cela niùmo, fut de tous les temps dans les instincts de notre glorieux pays , ne nuirait en rien, et serait, au contraire , un droit de plus aux agrandissements et compensattona yue la France pourrait attendre d'un nouveau remaniement du monde.

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